Economie

Privée de Chine, la Silicon Valley « reporte ses ambitions sur l’Inde »

Lors de l’évènement Google for India organisé par le groupe américain, à New Delhi, en septembre 2019.

Pertes et profits. La géopolitique a toujours fait bon ménage avec la technologie. D’Angela Merkel à Emmanuel Macron, de Xi Jinping à Donald Trump, chacun rêve de maîtriser son destin par la domestication des électrons de l’atome ou des virus. La reprise en main de Hongkong par Pékin a accéléré le phénomène. Le dernier avatar en est l’annonce par le Royaume-Uni du bannissement de la société Huawei de l’ensemble de ses équipements télécoms d’ici à 2027. Une décision qui doit beaucoup à la pression américaine, qui pousse les Européens à lâcher le groupe chinois. L’affaire de Hongkong a également achevé de convaincre Google, Facebook et les autres qu’il n’y avait plus d’espoir en terre chinoise.

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Ils reportent donc leurs ambitions sur l’Inde, dont la population dépassera bientôt celle de la Chine. Avec 500 millions d’internautes, elle talonne déjà l’empire du Milieu en termes d’usage et d’adoption du numérique. C’est la raison pour laquelle Google a annoncé, lundi 13 juillet, son intention d’investir près de 10 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) sur les cinq prochaines années dans ce pays. Et, mercredi 15 juillet, le conglomérat Reliance, l’un des leaders mondiaux du raffinage et de la pétrochimie a annoncé que Google prenait 7,7 % du capital de son opérateur téléphonique Jio pour 4,5 milliards de dollars.

Immenses promesses

Sous la houlette de Mukesh Ambani, héritier du fondateur de Reliance et homme le plus riche d’Asie, Jio est devenu, en quelques années, le premier opérateur téléphonique du pays, avec près de 400 millions d’abonnés. Il a développé autour une plate-forme de produits (téléphones) et de services numériques, de la vidéo au shopping, en passant par les services aux entreprises. Une Silicon Valley à elle toute seule, à la puissance équivalente à celle d’un Alibaba ou d’un WeChat chinois. Pas étonnant, donc, que les stars américaines du numérique, en manque d’Asie, défilent en rang serré pour monter dans le train. Facebook, Intel, Silver Lake, Qualcomm et maintenant Google s’invitent à son capital. Les promesses sont immenses dans un pays certes moins riche que la Chine, mais dans lequel l’adoption du numérique est tout aussi massive.

Un dernier élément joue en faveur de cet été indien, qui charme tant les Américains. Les patrons d’IBM, de Google, de Microsoft, d’Adobe sont tous d’origine indienne, souvent issus des mêmes instituts technologiques du pays. Leur goût pour les chiffres et leur aisance à évoluer dans des environnements complexes et chahutés les ont propulsés au sommet de ces icônes du high-tech. La place idéale pour participer au grand basculement géopolitique du « dragon chinois » vers le « tigre indien ».

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