Economie

L’impossible chantier d’une relance du fret ferroviaire

Le train n’avait pas eu une telle cote depuis longtemps. Dans son entretien télévisé du 14-Juillet, le président de la République a indiqué qu’il souhaitait « redévelopper le fret ferroviaire massivement », les trains de nuit et les petites lignes, « parce que tout ça permet de faire des économies » et de « réduire nos émissions » de gaz à effet de serre. La déclaration d’Emmanuel Macron n’est pas une surprise : elle répond aux demandes de la convention citoyenne pour le climat, dont il s’est engagé à reprendre 146 des 149 propositions.

En 2018, l’essentiel des 9 000 kilomètres de petites lignes a échappé à la fermeture préconisée par le rapport Spinetta, le gouvernement préférant engager des discussions sur une reprise par les régions de ces trains du quotidien rarement rentables. Mais SNCF Réseau estime à plus de 7 milliards d’euros les investissements nécessaires jusqu’en 2028 pour les remettre à niveau.

Quant aux trains de nuit, il n’en existe plus que deux : Paris-Briançon et Paris-Portbou. « Emmanuel Macron parle de [leur] retour ? Je dis chiche !, a réagi Karima Delli, présidente (EELV) de la commission transport du Parlement européen. Mais on ne finance pas les trains avec de beaux discours. Donc on veut 7 milliards comme pour l’aviation. »

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Efforts à consentir

De l’argent, il en faudra aussi pour le fret ferroviaire, malade de la concurrence effrénée de la route bien avant la crise sanitaire. Il n’assure plus que 10 % du trafic de marchandises, loin derrière l’Allemagne (18 %), l’Autriche (32 %) et la Suisse (35 %), alors que la tonne transportée émet 9 fois moins de CO2 qu’avec le fret routier. Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, l’un des principaux acteurs de la filière, avait annoncé sa relance en février.

Mais la grève contre la réforme des retraites et la crise du Covid-19 ont encore fragilisé Fret SNCF, une société anonyme qui n’est plus à l’abri de la faillite. Pour séduire les chargeurs, il faudra des « sillons » qui n’obligent pas ces trains à rouler au ralenti, une aide au transbordement des conteneurs camions-trains ainsi qu’au « wagon isolé » (trafic sur mesure), voire la gratuité temporaire de l’utilisation du réseau ferré. Ce sont les efforts à consentir, selon la filière, pour doubler ses parts de marché en 2030.


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