Economie

Malgré les crispations et les contentieux avec la Turquie, l’UE veut calmer le jeu

L’ex-basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, hier encore un musée, que le président turc veut transformer en mosquée.

Malgré le nombre et l’ampleur de ses contentieux avec Ankara, l’Union européenne (UE) semble décidée à les tempérer. A moins qu’elle soit, en fait, incapable de riposter autrement qu’en manifestant son « mécontentement » et ses « insatisfactions » face à l’attitude de la Turquie en Méditerranée orientale, où elle couvre des trafics d’armes vers la Libye ; en Syrie, où elle combat les forces kurdes ; ou encore au large de Chypre, où elle a procédé à des forages maritimes illégaux.

« Ce qui se passe dans ce pays est inquiétant », déclarait, lundi 13 juillet, Ann Linde, la ministre suédoise des affaires étrangères. Son homologue espagnole, Arancha Gonzalez Laya, évoquait la nécessité d’examiner de quelle manière l’UE pouvait répondre, alors qu’un énième contentieux venait de voir le jour : la transformation en mosquée de l’ex-basilique Sainte-Sophie d’Istanbul. « Une provocation », selon la Grèce, qui déplore le sort de ce haut lieu de la religion orthodoxe ; « Une attaque contre la civilisation », juge le Luxembourgeois Jean Asselborn.

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C’est, en fait, par quelques conclusions générales et la préparation d’« options » que s’est soldée la discussion entre les ministres étrangères des Vingt-Sept, lundi soir. Pas question, à ce stade, des sanctions qu’avaient réclamées certaines capitales, voire d’une annonce officielle de la fin des négociations d’adhésion menées avec la Turquie – et, en réalité, gelées depuis quatre ans.

Argument massue

A l’issue de la réunion, le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité de l’UE, Josep Borrell, a livré un message modéré, à décoder savamment pour comprendre que, quand même, les lignes bougent un peu face à un pays doté d’un argument massue : le fait que 3,6 millions de migrants et réfugiés qui espéraient peut-être trouver l’asile en Europe sont bloqués sur son territoire.

M. Borrell a présenté la Turquie comme un pays « important », et plus comme le pays « ami » d’avant, par ailleurs allié « indispensable » au sein de l’OTAN. Un pays qui mène « des actions unilatérales » contraires aux lois internationales et aux intérêts de l’Union. Un pays qui doit « changer » s’il veut la désescalade. A défaut, il s’exposera à des sanctions, qui seraient bel et bien à l’étude. Quant à la décision concernant Sainte-Sophie, souligne M. Borrell, elle ne fait qu’« alimenter la division entre les communautés religieuses et mine nos efforts de collaboration ».

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