Economie

La fiscalité douce du Royaume-Uni attire Unilever et Shell

Les bureaux d’Unilever, à Londres, en octobre 2018.

C’est la consternation aux Pays-Bas, où deux multinationales emblématiques projettent de déménager leur siège principal vers Londres. Si le gouvernement du libéral Mark Rutte comptait sur le Brexit pour séduire des sociétés désireuses de garder un pied sur le sol de l’Union européenne (UE), il n’imaginait pas qu’Unilever d’abord, Shell ensuite, pourraient faire le chemin en sens inverse.

Unilever, le géant néerlando-britannique des biens de consommation (glaces Magnum et Ben & Jerry’s, moutarde Maille, thés Lipton, produits nettoyants Cif, shampooings Timotei…), a annoncé, le 11 juin, sa volonté de « simplifier sa structure » en choisissant d’enregistrer sa maison mère uniquement au Royaume-Uni. Tout en maintenant, promet-il, son siège à Rotterdam, ainsi que l’emploi de ses 2 500 collaborateurs néerlandais et son centre de recherche flambant neuf à Wageningue (centre des Pays-Bas), dans la Silicon Valley européenne de l’alimentaire. La compagnie dirigée par l’Ecossais Alan Jope promet aussi d’étudier la transformation de sa branche « alimentation et rafraîchissements », qui pourrait devenir une filiale néerlandaise cotée en Bourse.

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Quand Unilever a annoncé sa décision, le ministre britannique des entreprises, Alok Sharma, a célébré « ce clair vote de confiance dans le Royaume-Uni ». La décision de la compagnie est évidemment considérée comme un symbole, alors que le Brexit a eu lieu le 1er février et que les futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni restent en négociations.

Le Brexit, un accélérateur

Michael Fabricant, un député conservateur pro-Brexit, a interrogé : « N’est-ce pas le manque d’agilité de l’Union européenne (…) qui fait que des entreprises comme Unilever demandent de centraliser leurs opérations au Royaume-Uni ? » « On ne pourrait mieux dire », a répliqué le ministre d’Etat Michael Gove.

En vérité, la décision d’Unilever n’a pas grand-chose à voir avec le Brexit et ne change rien, pour l’instant, d’un point de vue opérationnel. Sa structure est un vieux problème qui remonte à 1929, quand le néerlandais Margarine Unie et l’entreprise britannique des frères Lever ont fusionné. Le groupe était composé de deux entreprises, unies par une série d’accords juridiques compliqués. Depuis des années, les dirigeants d’Unilever prônaient la simplification, décidant même, en 2018, d’enregistrer leur siège à Rotterdam.

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Les actionnaires situés au Royaume-Uni ont toutefois vivement protesté, craignant que le groupe sorte du FTSE 100, le principal indice boursier britannique. Pour beaucoup de fonds d’investissement, qui suivent exclusivement les entreprises de cet indice, cela aurait signifié la perte d’une entreprise qui verse de bons dividendes et apporte des bénéfices réguliers. Le projet de déménagement a finalement été abandonné. Cette fois, c’est l’importance de la City et de son marché des capitaux, plus liquide et plus important qu’à Amsterdam, qui ont emporté sa décision, le Brexit ayant peut-être joué un rôle d’accélérateur, selon les analystes d’UBS.

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