Economie

Epargner autrement : un parcours semé d’embûches

Imaginez que les producteurs de fruits et légumes puissent apposer l’étiquette « AB » sur leur production sans avoir obtenu le label « Agriculture biologique ». C’est un peu ce qui se passe avec l’investissement socialement responsable (ISR) dans le domaine de la gestion de fonds. Les uns après les autres, les gestionnaires se revendiquent de ce mode d’investissement pour un nombre croissant de placements, sans pour autant avoir toujours obtenu un label qui atteste de façon indépendante de la qualité « responsable » de leurs produits. Ce qui ne veut pas dire que les gérants trompent forcément leurs clients – beaucoup ont effectivement changé le mode de gestion de l’argent qui leur est confié. Mais cette confusion risque de semer un doute sur la sincérité de la démarche.

Pour ceux qui ne recherchent pas le profit à tout prix et veulent donner du sens à leur épargne, le parcours est semé d’embûches. Nombre de produits financiers, prétendant investir de manière plus responsable l’argent qui leur est confié, ne sont pas toujours aussi transparents qu’on pourrait l’espérer. L’industrie financière semble s’être convertie massivement à l’environnement, à une meilleure gouvernance des entreprises, à davantage de responsabilité sociale. Elle offre une panoplie toujours plus large d’instruments financiers qui déclinent ces thématiques. Mais cette conversion soudaine et massive devra être confirmée dans le temps pour définitivement écarter la suspicion de succomber à un effet de mode et de n’être qu’un ravalement de façade qui ne change rien au fond.

Rien de solidaire

Et l’attente est la même pour les produits réglementés. Ainsi, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), petit frère du Livret A, a beau avoir acquis la lettre S de son nom depuis fin 2016, il n’avait rien de solidaire jusqu’ici. Ce n’est que depuis le mois de juin 2020 que les banques ont l’obligation de consacrer une partie de l’épargne de ce livret à l’économie sociale et solidaire (ESS), et la possibilité de faire des dons à partir de son LDDS ne sera ouverte qu’au 1er octobre prochain.

Ensuite, si une partie des sommes drainées par l’épargne salariale est consacrée à l’ESS, ce n’est pas encore le cas pour l’assurance-vie. Si l’on trouve des fonds ISR ou solidaires dans pléthore de contrats, peu d’assureurs les mettent réellement en avant. Et si ces derniers ont maintenant l’obligation de proposer un fonds « vert », il faudra patienter jusqu’en 2022 pour les fonds solidaires. Et encore, cette obligation ne vaudra que pour les nouveaux produits.

Lire aussi Epargner autrement : un parcours semé d’embûches

Le Monde


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