Economie

Les foires d’art contemporain priées de baisser les prix réclamés aux galeries

Photos de l’artiste marocain Hassan Hajjaj, lors de la 23e édition de Paris Photo, au Grand Palais, le 6 novembre 2019.

La pandémie de Covid-19 fera-t-elle baisser le prix du mètre carré loué aux galeries dans les foires d’art contemporain ? Après des mois de conflit entre l’organisateur du salon Art Paris et le Comité professionnel des galeries d’art (CPGA), la centaine d’exposants attendue du jeudi 10 au dimanche 13 septembre au Grand Palais bénéficieront d’une ristourne de 15 %. Et seize tout jeunes intervenants profiteront d’un stand quasi gratuitement, grâce à un fonds de solidarité financé par les recettes de la billetterie.

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Lorsque Julien Lecêtre, codirecteur général du salon, reporte la manifestation prévue en avril à la rentrée, ses conditions d’indemnisation proposées aux galeries mettent le feu aux poudres. Elles auraient pu perdre jusqu’à 75 % de leur mise, puisque Art Paris prévoyait un avoir sur la prochaine édition et conditionnait 25 % du remboursement en numéraire à l’obtention d’un prêt garanti par l’Etat. « Nous risquions de mettre la clé sous la porte et de ne pas pouvoir payer les 12 salariés de notre entreprise familiale », se justifie M. Lecêtre. Mais, affaiblies par trois mois de confinement, la majorité des galeries – 85 % employant moins de cinq salariés –, à court de trésorerie, se trouvaient dans la même situation.

« Les propositions initiales d’Art Paris étaient inacceptables », affirme Marion Papillon, présidente du CPGA. « Les foires, plus rentables que jamais grâce aux galeries, sont trop chères. Mais leurs organisateurs nous expliquent qu’ils ne peuvent pas baisser leur prix. Elles doivent se rendre compte que nous sommes leurs clients », dit-elle. La menace de poursuites judiciaires et la négociation du CPGA ont fait plier l’organisateur du salon. D’autant que ce dernier a obtenu un prêt de la BPI le 25 mai et a été remboursé de l’intégralité de sa location de la nef du Grand Palais. M. Lecêtre a finalement proposé de rembourser 70 % du prix aux galeries qui ne le suivront pas en septembre.

Générosité limitée

Anne-Claudie Coric, directrice générale de la Galerie Templon, constate aussi que « les foires sont de plus en plus chères, ce qui nécessite d’avoir les reins solides ». Elle fait partie des rares qui participeront, si la situation sanitaire le permet, à 13 ou 15 foires cette année.

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Sur le banc des accusés, les organisateurs de salons. Reed Exhibitions, qui chapeaute 500 manifestations, dont la FIAC ou Paris Photo, affichait en 2019 une rentabilité exceptionnelle, avec une marge opérationnelle de 26,1 %. Mieux que LVMH…

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