Economie

Le vélo est-il vraiment l’ennemi du métro ?

La question est un brin provocatrice, mais ces nouveaux vélos, toujours plus nombreux, qui filent matin et soir sur les pistes cyclables, dans les centres-villes, ne vont-ils pas, à terme, pénaliser des transports publics déjà bien à la peine ? Autrement dit, si l’engouement pour le vélo se confirme, ce dernier pourrait-il durablement affecter la trésorerie des opérateurs de bus, trams et métros ?

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Déconfinement : « La Chine connaît une inversion des choix prioritaires de modes de transport »

Il est encore trop tôt pour effectuer une analyse fine du comportement des Français dans les transports depuis le déconfinement. Certes, la fréquentation des pistes cyclables est en hausse, la ruée au rayon cycle est indéniable, et les lignes n’ont pas retrouvé leur fréquentation d’avant. En Ile-de-France, elle ne dépasse pas 50 % alors que l’offre est revenue à la normale. Pour aller dans le même sens, l’histoire a montré que les nouveaux adeptes de la bicyclette sont souvent d’anciens habitués des bus et du métro.

Ainsi, à Lyon, quand les Vélo’v, les vélos en libre service, ont été lancés en 2005, « le profil des utilisateurs était, pour beaucoup d’entre eux, celui des transports en commun », se rappelle Yves Crozet, membre du laboratoire aménagement économie transports rattaché au CNRS et à l’université Lyon-II. « Quand le système vélo a commencé à se mettre en place, à Paris et Lyon, les nouveaux cyclistes sont venus en partie des transports publics », complète Dominique Riou, chargé d’études au département mobilité transport de l’Institut Paris Region.

« Bouffée d’oxygène »

Mais les proportions restent encore faibles. « On ne va pas fermer des lignes de métro parce qu’il y a des vélos dans Paris. Le vélo ajoute peut-être à la crise actuelle des transports, mais la crise, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas de touristes, que les universités et lycées sont fermés, que les gens sont encore en télétravail, et que la vie tourne au ralenti », décrypte Yves Crozet.

« La crise, c’est avant tout parce que la vie tourne au ralenti », Yves Crozet, économiste

Surtout, les chercheurs comme les opérateurs voient plutôt le vélo comme un soutien plutôt qu’un concurrent des transports publics. « Les mettre en opposition serait totalement maladroit. Il peut y avoir un réflexe de protection de la part du monde des transports en commun qui a des difficultés pour trouver ses usagers – ce qui n’est d’ailleurs pas très vrai en Ile-de-France – mais le vélo est plutôt une bouffée d’oxygène pour des transports publics en voie de saturation », explique Dominique Riou.

Il vous reste 29.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page