Economie

« La Chine connaît une inversion des choix prioritaires de modes de transport »

Première touchée par la pandémie, la Chine fait figure de laboratoire avancé des conséquences économiques du Covid-19. Matt Gasnier, spécialiste des transports et de l’automobile dans l’empire du Milieu et fondateur du site Bestsellingcarsblog.com, décrit l’évolution récente de la mobilité dans ce pays.

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Comment le déconfinement s’est-il déroulé dans les transports publics en Chine ?

Massivement et rapidement, les usagers ont boudé les transports au profit de l’automobile. Par exemple, à Canton, en mars, 40 % des usagers d’avant le confinement ont préféré prendre leur voiture. On assiste à une inversion des choix prioritaires de modes de transport. Un sondage d’avril indique qu’avant la pandémie 56 % des Chinois privilégiaient les transports et 24 % leur voiture. Depuis le déconfinement, 66 % des sondés préfèrent conduire, quand 24 % disent vouloir retourner dans les métros et les bus.

« A Canton, en mars, 40 % des usagers d’avant le confinement ont préféré prendre leur voiture »

Le phénomène est visible dans les chiffres de ventes automobiles : le marché a connu sa première hausse depuis deux ans en mai (+ 7 %). Cette embellie – sans mesure de relance gouvernementale, il faut le noter – est confirmée par les premiers chiffres de juin, qui situent la hausse des ventes entre + 5 et + 10 %. Et c’est bien l’envie de transport individuel qui dope l’automobile. Selon un autre sondage réalisé en mai, 63 % des Chinois qui envisageaient d’acheter un véhicule avant la pandémie déclarent en avoir encore plus l’intention depuis que le Covid-19 s’est déclaré.

Le vélo a-t-il, comme en Europe, profité de la méfiance envers les transports ?

Oui. A Pékin, les deux principaux opérateurs de vélos partagés en libre-service – Hellobike et DiDi Bike – ont respectivement doublé et triplé leur trafic depuis le déconfinement. Il y a une transformation de l’usage : le vélo partagé devient un mode de transport unique et non plus cantonné au premier ou au dernier kilomètre. Hellobike indique que dans toutes les villes chinoises où l’entreprise est présente, les trajets dits longue distance (plus de 3 kilomètres) ont doublé depuis avril.

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Les pouvoirs publics cherchent-ils à inverser la tendance ?

« A Suzhou, la fréquence des bus est modifiée en temps réel afin de gérer au mieux la distanciation sociale »

Ils s’y essaient en jouant la carte de la technologie pour redonner confiance aux usagers. Les gouvernements municipaux de Pékin et Shenzhen incitent les voyageurs à payer avec leur smartphone afin de tracer tous les déplacements et de prévenir les utilisateurs si une personne infectée a croisé leur chemin. Dans le même but, à Shanghaï, les usagers du réseau de transport sont encouragés à scanner un code QR en entrant dans les bus ou les rames.

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