Economie

« Les questions européennes constituent l’un des principaux marqueurs politiques du quinquennat »

Tribune. L’impact économique du confinement ainsi que la poussée écologiste ont transformé l’agenda politique de la fin du quinquennat. Dans le même temps, le président Macron confirme la stratégie européenne promue depuis son arrivée au pouvoir, continuant à défendre le concept de souveraineté européenne. Avec plusieurs succès récents à son actif.

La secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Amélie de Montchalin, quitte ses fonctions après seize mois d’exercice. Un quatrième titulaire du poste depuis 2017 sera nommé dans quelques jours. Ce turn-over régulier offre une image en trompe-l’œil du programme européen d’Emmanuel Macron. Si de nombreux sujets – écologie, redistribution, finances publiques – ont fait l’objet de revirements importants de la part de la majorité, les questions européennes constituent l’un des principaux marqueurs politiques du quinquennat.

Dès 2017, lors de sa campagne puis à l’occasion de son discours de la Sorbonne,
Emmanuel Macron a défendu la nécessaire émergence d’une « souveraineté européenne ».

Plusieurs échecs

Deux idées-clés se retrouvent en filigrane de ses interventions : la constitution d’une capacité budgétaire commune à mobiliser en cas de crise – telle qu’un budget pour la zone euro – et le renforcement des compétences européennes sur un certain nombre d’enjeux stratégiques. On peut citer la défense ou le numérique. Conçues au départ pour influencer la coalition en formation d’Angela Merkel, les propositions du président français ont longuement infusé dans le débat public européen.

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L’attente aura été longue pour voir les idées passer du papier à la table des négociations. Le président français a essuyé plusieurs échecs relatifs, à l’image du sommet franco-allemand de Meseberg, en juin 2018. Paris et Berlin n’avaient alors pas réussi à se mettre d’accord sur une proposition chiffrée de budget pour la zone euro.

Dramatique pour de nombreuses entreprises et de nombreux salariés en Europe, la crise économique liée au confinement a cela de positif qu’elle a modifié la perception des propositions françaises. La chancelière allemande, suivie par l’opinion publique outre-Rhin, a changé son fusil d’épaule et consenti à appuyer un plan de relance reposant sur des emprunts communs aux vingt-sept Etats membres. Et ce, en vue d’appuyer les pays européens et les secteurs les plus atteints.

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L’initiative commune d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel rappelle le besoin de faire émerger une Europe de la santé à même d’affronter une nouvelle crise sanitaire. Au sein des institutions communautaires, et en particulier à la Commission européenne, on s’est pleinement emparé du concept d’autonomie stratégique. Sur le plan diplomatique, à travers un discours de vérité tenu face à la Chine. Et au niveau économique, avec la mise en place d’un mécanisme européen visant à mieux surveiller et contrôler les investissements étrangers.

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