Economie

Les boutiques de luxe se languissent de leur clientèle étrangère

Aux Galeries Lafayette, le 30 mai, jour de la réouverture du magasin après le confinement.

L’ennui gagne les vendeurs des grands magasins parisiens. Aux Galeries Lafayette, comme au Printemps, boulevard Haussmann, les employés des stands des marques de luxe tuent le temps. Derrière leurs masques de protection, les uns bavardent, les autres pianotent sur leur smartphone en le dissimulant dans un tiroir ou sur l’écran d’un ordinateur d’encaissement. « Il n’y a pas de touristes », déplore l’une d’entre eux. La fréquentation des Galeries Lafayette, qui, d’habitude, accueillent 80 000 visiteurs par jour, est actuellement en chute, de l’ordre de 40 %, assure l’enseigne. Au Printemps, l’activité est aussi en berne.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le coronavirus tétanise le secteur du tourisme : « La crise est mondiale. Aucun pays n’est désormais épargné »

Après avoir ferraillé des années pour obtenir l’ouverture le dimanche et ainsi mieux servir les clients étrangers, les grands magasins, comme les boutiques de luxe de l’avenue Montaigne ou de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, vont souffrir cet été. La pandémie due au coronavirus interdit ou décourage les touristes de voyager au sein de l’Union européenne.

En 2019, plus de 50,3 millions de voyageurs étaient venus visiter la capitale et l’Ile-de-France. Un record. Et cette clientèle avait alors confirmé sa grande passion pour les achats dans les boutiques parisiennes. Le shopping est toujours la troisième motivation des touristes de passage en Ile-de-France, derrière la visite des musées et monuments, et la promenade en ville, selon les données 2018 du comité régional du tourisme. Leurs dépenses ont atteint plus de 22 milliards d’euros l’an dernier.

L’atonie des ventes alarme le Comité Montaigne

Les Chinois sont notamment connus pour raffoler des boutiques de luxe, des parfumeries et parapharmacies où ils trouvent des marques françaises à un prix plus attrayant qu’en Chine. Au total, la clientèle internationale représente 8 % des ventes de produits cosmétiques, de soins et de maquillage en France, selon le groupe NPD. Et les parfumeries parisiennes pèsent lourd dans les comptes des enseignes. Preuve qu’elles ont déjà fortement souffert de la crise liée au coronavirus : les ventes à Paris ne représentent plus que 30 % des ventes en France, contre 33 % un an plus tôt, précise Mathilde Lion, responsable des études chez NPD.

« Juillet et août sont les deux premiers mois d’activité des Galeries Lafayette, devant décembre », rappelle Alexandre Liot, directeur du magasin situé boulevard Haussmann. Et ce grâce, notamment, aux étrangers, qui représentent 50 % des 2 milliards d’euros de son chiffre d’affaires annuel. L’enseigne du boulevard Haussmann prévoit un « flux de touristes quasi nul » au cours de cet été. En cette mi-juillet, devant les vitrines du Bon Marché ou de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, seuls quelques « daigous », ces Chinois installés à l’étranger qui achètent des sacs à main pour les expédier en Chine à leurs clients, forment de courtes files d’attente au petit matin.

Il vous reste 48.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page