Economie

Les Balkans confrontés au risque de décrochage économique

Dans un restaurant pratiquement désert de Mostar (Bosnie-Herzégovine), le 2 juillet.

Ce devait être la grande année de l’Albanie. Il y a quelques semaines encore, Bérenger Thibaut, implanté dans le pays depuis sept ans, célébrait la hausse de 15 % des réservations enregistrées pour 2020 par son agence, Vacances Albanie. Après Madère et Lille, le congrès annuel des entrepreneurs du voyage devait s’installer dans la capitale, Tirana, fin mai, et braquer les projecteurs sur la région. Des dizaines d’hôtels avaient rénové leurs chambres pour loger les 300 participants attendus. « Les étoiles étaient alignées, résume M. Thibaut. Mais tout s’est effondré avec la pandémie. » Les groupes qu’il devait accueillir cet été ont presque tous annulé leur séjour.

Pour faire face, il a renvoyé chez eux les guides avec qui il travaille. « Nombre d’indépendants et de petits business familiaux du secteur dépendent de nous. C’est dur. » Chaque jour, il scrute fébrilement sa boîte mail, guettant de nouvelles réservations. Et espérant, surtout, que celles déjà complétées pour 2021 ne tombent pas à l’eau. « Ce serait le coup de grâce. Beaucoup d’entre nous ne s’en relèveraient pas. »

Albanie, Monténégro, Croatie : dans les Balkans, les pays où le tourisme pèse plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB) sont très affectés par l’effondrement des déplacements. Selon les chiffres officiels publiés vendredi 10 juillet, le nombre de visiteurs arrivés en Croatie en mai a ainsi chuté de 96 % sur un an.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Peu allante sur l’élargissement, l’UE soutient les Balkans face à la pandémie

La récession s’annonce douloureuse dans la région, d’autant que les contaminations repartent à la hausse : la Serbie et ses 6,9 millions d’habitants enregistrent actuellement 300 nouveaux cas par jour. « Notre système de santé, sous-développé et en ruine, s’effondrerait si nous étions confrontés à une deuxième vague », redoute Aleksandra Tomanic, directrice du Fonds européen pour les Balkans.

Mi-mars, ces pays avaient pourtant pris des mesures draconiennes pour limiter la propagation du virus : couvre-feu sévère en Albanie, patrouilles militaires en Serbie ou encore publication du nom des personnes en quarantaine au Monténégro. « Sans surprise, nous avons observé un effondrement du trafic de passagers lorsque les pays ont fermé leurs frontières, mais désormais la demande de mobilité repart », assure François Berisot, directeur général de l’aéroport de Belgrade, rouvert depuis le 18 mai. En 2018, celui-ci a été repris en concession par Vinci Airports. Avec 300 millions d’euros de travaux d’agrandissement engagés, le groupe français parie toujours sur l’essor de la Serbie comme plate-forme régionale.

Il vous reste 74.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page