Economie

Déconfiné, le Paris touristique reste vide

Vue sur la tour Eiffel, à Paris, le 15 juin.

Si Paris est une fête, alors c’est une soirée privée. L’été est là, mais la tour Eiffel s’escalade toujours en un temps record, Notre-Dame se laisse contempler, et les quais de Seine respirent. Une promenade cycliste dans la capitale offre le saisissant contraste d’un Est parisien en terrasse au soleil, verre à la main, et de zones touristiques beaucoup moins denses.

Paris, comme encalminée jusqu’à la fin juin, a pourtant abattu ses atouts un à un. De l’Arc de triomphe, le 15 juin, à Disneyland, mercredi 15 juillet, les principaux lieux touristiques de la région capitale auront mis un mois à se déconfiner. Lundi 6, c’était au tour du Louvre. Foin de confettis : la crise sanitaire s’est rappelée au musée le plus visité du monde lorsque des guides conférenciers, masqués dans la cour carrée, ont protesté de leur sort, s’estimant les grands oubliés du plan de sauvetage du tourisme.

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Sous la pyramide, les Français ont repris possession d’un musée dont les visiteurs habituels sont à 75 % étrangers, comme le château de Versailles ou Disneyland Paris – un taux qui grimpe encore l’été. La jauge maximale (500 entrées toutes les demi-heures, avec réservation fortement recommandée) rend la configuration idéale pour les Instagrammeuses, qui peuvent multiplier les selfies devant les œuvres, sans créer d’embouteillage.

Semblant de normalité devant La Joconde, où une dizaine de minutes d’attente sont nécessaires pour regarder Mona Lisa dans les yeux, ôter son masque et être pris en photo devant l’impassible dame. A quelques pas, on peut scruter en toute quiétude Le Radeau de la Méduse et ses naufragés aux pieds bandés. Les créneaux horaires sont pourtant pleins, alimentés notamment par les entrées gratuites – 49 % des visiteurs, dont de très nombreux jeunes de moins de 26 ans. Mais le Louvre accueille 30 000 à 40 000 personnes par jour en été, contre 7 500 à 9 000 lors de sa semaine de réouverture.

Aux Vedettes de Paris, amarrées près de la tour Eiffel, la rotation des bateaux est passée d’un départ toutes les dix minutes à une dizaine de départs par jour. On constate, comme au Louvre, le retour timide des Allemands et des visiteurs issus du Benelux, ainsi qu’une clientèle familiale et francilienne, pour laquelle l’offre a été adaptée. Signe d’une population très différente cet été, les cars touristiques à arrêts multiples ne reprendront leur service à Paris que le 15 juillet, avec une offre ciblant le public français.

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