Economie

Changer d’assurance emprunteur, un parcours du combattant avec des économies à la clé

Réduire ses frais. L’idée est dans toutes les têtes à l’aube de la crise économique majeure que le pays s’apprête à traverser. Les solutions sont nombreuses : vous pouvez économiser quelques centaines d’euros par an en changeant d’opérateur télécom, de banque et d’assurance auto. Intéressant, mais il y a mieux à faire.

Résilier l’assurance emprunteur actuelle de votre crédit immobilier, vous protégeant en cas de décès ou d’invalidité, est bien plus rémunérateur. « L’économie moyenne réalisée en souscrivant l’assurance emprunteur ailleurs que dans votre banque s’élève à 15 000 euros lors de la signature du crédit et à 8 000 euros si vous réalisez cette délégation par la suite », résume Astrid Cousin, porte-parole du courtier Magnolia.fr. Un enjeu financier de taille car le coût de ces assurances varie de 0,10 % à 0,40 %, selon l’emprunteur et les compagnies d’assurances.

Et pourtant, dans la pratique, les emprunteurs souscrivent leur crédit et l’assurance de prêt groupe dans la même banque. « Ces contrats collectifs ne tiennent pas compte des spécificités de l’emprunteur. Les assurances individuelles sont beaucoup plus avantageuses en particulier si vous êtes jeune, non-fumeur et en bonne santé », synthétise Antoine Fruchard, fondateur du courtier en assurances Réassurez-moi.fr.

Date anniversaire

Pourtant, la réglementation permet de faire des infidélités à sa banque. Plusieurs textes sont entrés en vigueur depuis la loi Lagarde de 2010 autorisant la délégation lors de la souscription du crédit : la loi Hamon de 2014 permet de changer d’assurance à tout moment pendant la première année du prêt, tandis que l’amendement Bourquin de 2018 autorise à changer d’assurance de prêt chaque année à sa date anniversaire. Voilà pour la théorie. Mais passer à la pratique reste complexe.

« Les consommateurs ne sont pas assez informés. Ils se focalisent sur le taux de leur crédit, alors que l’assurance pèse presque aussi lourd que les intérêts dans le coût total du crédit », rappelle Matthieu Robin, chargé de mission banque-assurance chez UFC-Que choisir.

Si le marché du crédit est véritablement concurrentiel, il n’en est pas de même pour celui de l’assurance emprunteur : 87,5 % des contrats sont des assurances groupe souscrites dans la banque du client, d’après les données publiées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) en 2017. « Ce chiffre est stable depuis 2010 en raison des manœuvres dilatoires des banques. Il faut mettre fin à leur quasi-monopole pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages », note le sénateur Martial Bourquin, qui a fait voter un nouvel amendement au Sénat le 5 mars, quelques jours avant le confinement et quelques semaines avant sa démission du Sénat le 15 juin à la suite de son élection à la mairie d’Audincourt (Doubs).

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