Economie

le « en même temps » de l’Etat face aux plans sociaux

Dans les rues de Paris, le 8 juin.

Ces dizaines de milliards d’euros accordés par le gouvernement aux entreprises en difficulté… pour déboucher sur des milliers de suppressions d’emplois chez Renault, Airbus ou Air France ! Depuis quelques semaines, les syndicats et les oppositions politiques font le rapprochement et s’indignent d’une opération qui leur apparaît comme un jeu de dupes dont les salariés des entreprises concernées, l’Etat – et les contribuables – seraient les grands perdants. Est-ce aussi simple ? Et jusqu’où peut aller la puissance publique pour éviter la casse sociale tout en préparant l’avenir – sans disposer d’une grande visibilité ?

« La question est plus politique qu’économique, analyse Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). L’intervention de l’Etat était nécessaire. Mais le choc est structurel. Et des secteurs comme l’aéronautique et le transport aérien ne retrouveront peut-être jamais leur niveau d’activité d’avant-crise. L’Etat peut-il continuer à subventionner ? La question de la rentabilité se pose. » Et sans son intervention, l’hémorragie d’emplois aurait été plus forte. La faillite même, comme dans le cas d’Air France, qui a perdu 90 % de son activité au plus fort de la pandémie.

« Rien de plus faux »

Une accusation circule dans les syndicats : les dirigeants chargent la barque pour décrocher plus d’aides de l’Etat. « Rien de plus faux », s’indigne Guillaume Faury. Le président exécutif d’Airbus, qui a dégagé 10 milliards de bénéfices entre 2015 et 2019, assure avoir calibré au mieux, avec ses clients et ses sous-traitants, les 15 000 suppressions d’emplois annoncées début juillet. Même s’il a vite admis qu’environ 3 500 d’entre eux pourraient être sauvés. « Si nous avions suivi la pure logique mathématique, explique-t-il dans Le Figaro du 2 juillet, ce sont 36 000 des 90 000 emplois d’Airbus Aviation commerciale que nous aurions dû supprimer ». Soit le « quota » pour s’adapter à une baisse de 40 % de l’activité.

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Autre accusation : les entreprises profitent de la crise pour faire des restructurations qu’elles ont longtemps différées, comme chez Air France pour des vols dans l’Hexagone. A la demande de l’Etat, la compagnie doit fermer les liaisons intérieures où la durée d’un trajet en TGV n’excède pas 2 h 30, ce qui condamne en partie les lignes d’Orly vers Bordeaux, Lyon et Nantes. Une aubaine pour la compagnie, puisque ces dessertes subissent la concurrence du train. Et que certaines pourront être reprises et exploitées à moindre coût par sa filiale low cost, Transavia.

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