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Réécoutez le son magique du V10 de la Peugeot 905

CONTEXTE – La Peugeot 905 fête ce 8 juillet les 30 ans de sa présentation. Nous republions donc ici ce petit hommage, publié le 28 mars dernier, pendant le confinement. 

Il est beaucoup de choses qui nous manquent en cette période de confinement. L’odeur des grillades, le soleil qui brûle la peau, le son des moteurs résonnant dans les bois. Autant de sensations merveilleuses que l’on retrouve chaque année dans la Sarthe, à l’occasion des 24h du Mans.

Si les journées que nous traversons sont obscures (pour ceux qui n’ont pas de jardin) et si la classique de l’endurance a été repoussée au mois de septembre, quelques moyens de se souvenir de ces douceurs demeurent. En 1993, un vidéaste amateur a capturé le double tour d’horloge en bord de piste. Et on le remercie aujourd’hui.

VIDEO – Les 24 heures du Mans 1993 vues du bord de piste.

Car la bande magnétique Hi-8 a fixé le barrissement des splendides « Sport 3.5-litres » pour leur dernière sortie au Mans. Quasiment aussi rapides que des F1 sur un tour, ces prototypes ultra-modernes connurent un bref et coûteux âge d’or… avant de partir au musée en ayant enterré leur propre discipline. Il faudra attendre quinze ans pour que leurs chronos soient réédités sur le circuit de la Sarthe, au sommet du duel « mazout » opposant Peugeot à Audi.

Casaque blanche, toque noire, voici la Peugeot 905, dont la coque en carbone fut conçue par André de Cortanze et moulée chez Dassault. Présenté en 1990, l’engin a rapidement perdu ses feux avant triangulaires et son capot plat de 405, aérodynamique oblige. Capable de friser les 350 km/h avant la première chicane, ce missile tricolore avait déjà remporté le double tour d’horloge en 1992 aux mains de Yannick Dalmas, Derek Warwick et Mark Blundell.

En rouge et blanc, sa rivale. En l’occurrence, la bulbeuse Toyota TS010 dessiné par Tony Southgate, père des Jaguar victorieuses à la fin des années 1980. Les deux engins étaient équipés de V10 atmosphériques produisant près de 700 chevaux. Les blocs dégageaient surtout une sonorité suraiguë résonnant à l’infini dans les Hunaudières.

=> 24h du Mans : les 24 voitures qui ont fait la légende

GT et curiosités

Dans cette vidéo, vous croiserez d’autres curiosités. Avec l’annulation du championnat du monde des voitures de sport, la classique retrouvait alors sa formule open. Aux prestes mais rares protos 3.5-litres s’ajoutait le bourdonnement d’un peloton de Groupe C turbo vieillissantes (Porsche 962 C, Courage C30, Toyota 93CV) et un trio de barquettes artisanales (WR, Debora, Lucchini).

Les GT faisaient aussi leur retour dans la Sarthe, après sept ans d’exclusion. Les effectifs comptaient une armée de Porsche 911, une poignée de Venturi, deux Lotus Esprit, une Ferrari 348. Et en vedette, les Jaguar XJ-220, préparées et engagées par Tom Walkinshaw, autre acteur clé de l’épopée de la marque au Mans. Au volant de ces galets vert bouteille, on retrouvait quelques grands noms comme John Nielsen, David Brabham ou David Coulthard.

Oh, et puis il y a chaud débit de Bruno Vandestick, increvable et enthousiaste « voix des 24 heures ».

=> Comment David Coulthard a gagné (puis perdu) Le Mans

Le récit de la course

Samedi, 16 heures. Après une féroce bataille avec Philippe Alliot (Peugeot n°1), Eddie Irvine porte sa Toyota en tête de la course au 8e tour. C’est probablement le seul moment de cette 61e édition où la marque japonaise paraît en mesure de remporter sa première victoire dans la Sarthe. Dans la soirée puis dans la nuit, les TS010 perdent pied. La n°36 connaît des problèmes électriques, la n°37 subit des avaries côté boîte de vitesse, tandis que la n°38, pilotée par Juan Manuel Fangio II recule au classement en raison d’une rixe avec une Lotus.

Dirigée par Jean Todt, l’équipe Peugeot Talbot Sport peut laisser ses 905 s’échanger la première place au gré des ravitaillements et des incidents mécaniques. Peu avant 8 heures du matin, Thierry Boutsen rentre la n°1 dans la pit lane, avec un échappement cassé. La numéro 3, pilotée par l’équipe « junior » comportant Eric Hélary, Christophe Bouchut et Geoff Brabham prend la tête. C’est cette voiture qui franchit la ligne d’arrivée à la première place. Pour leur dernière course, les 905 réalisent un triplé. Et par la même occasion, elles entrent dans la légende.

=> Le résumé vidéo des 24h du Mans 1993

Photo de une : Bryan Snelson / Wikimedia Commons / CC by 2.0

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