Economie

L’Insee table sur une contraction de l’économie française de 9 % en 2020

Le chiffre est un peu moins pessimiste que celui du gouvernement. Dans son point de conjoncture publié mercredi 8 juillet, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) livre une première estimation de l’évolution du produit intérieur brut (PIB) français en 2020, fortement perturbé par la pandémie de Covid-19 : il devrait reculer de 9 %, contre − 11 % estimés par le gouvernement, ou encore − 12,5 % prévus par le Fonds monétaire international (FMI).

Motif : « La consommation des ménages, notamment, est quasiment revenue à la normale », explique Julien Pouget, chef du département de la conjoncture. En juin, celle-ci ne serait en effet plus qu’à 3 points de pourcentage de son niveau « normal ». Si la demande extérieure reste anémiée, « l’économie française s’est redressée assez nettement, près de deux mois après le début du déconfinement entamé le 11 mai », résume l’Insee. En juin, l’activité économique aurait comblé ainsi les trois cinquièmes de l’écart qui la séparait, au pic du confinement, de son niveau d’avant la crise.

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Incertitude sur les prévisions

« Ce rebond est plutôt rapide au regard de la chute quasi instantanée de l’activité observée durant le confinement », commente M. Pouget. Certes, cette remontée est en partie technique. Mais elle n’allait pas de soi il y a deux mois encore, tant les incertitudes sur l’évolution de la pandémie et du confinement étaient fortes. L’institut confirme également sa précédente estimation : le PIB aurait chuté de 17 % au deuxième trimestre, après un recul de 5,3 % entre janvier et mars.

A quoi faut-il s’attendre pour le reste de l’année ? En se fiant aux enquêtes de conjoncture et aux anticipations des entreprises, l’Insee table sur un rebond de 19 % au troisième trimestre (contre 14 % estimés par la Banque de France), puis sur une hausse de 3 % sur les trois derniers mois de l’année. Les carnets de commandes, en particulier à l’international, restent néanmoins peu garnis dans l’industrie.

« Cette crise n’est pas d’origine économique, elle est liée à la pandémie et aux mesures prises pour l’endiguer : cela explique la singularité de ces chiffres, leur côté spectaculaire », note Julien Pouget, rappelant les très grandes incertitudes pesant sur ces prévisions. Elles restent en effet très dépendantes de l’évolution sur le front épidémique, alors qu’une deuxième vague du virus est encore loin d’être exclue.

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