Economie

L’Europe face au risque des « emplois zombies »

Dans une vitrine d’un magasin H&M à Canterbury, en Angleterre, le 15 juin, alors que les commerces qui avaient été jugés non essentiels réouvrent leurs portes après trois mois de confinement.

L’heure est aux « décisions cruciales ». Dans ses « Perspectives de l’emploi 2020 » publiées mardi 7 juillet, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévient les gouvernements : pour piloter le redémarrage de l’activité tout en protégeant les secteurs fragilisés, pour réduire les aides d’urgence sans déclencher de faillites massives et, surtout, « pour éviter que la crise de l’emploi ne se mue en crise sociale », ils vont devoir procéder à des arbitrages difficiles. « Ils seront d’autant plus délicats que les incertitudes sont grandes : une deuxième vague de l’épidémie n’est pas exclue », souligne Stefano Scarpetta, spécialiste de l’emploi au sein de l’organisation.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Une récession brutale devrait frapper la France en 2020

Selon ses dernières prévisions, le taux de chômage devrait grimper de 8,4 % en mai à 9,4 % fin 2020 dans l’ensemble des pays de l’OCDE, et de 8,1 % à 12,3 % en France. Dans le scénario sombre, où une circulation accélérée du virus contraindrait les Etats à prendre de nouvelles mesures pour la freiner, il flamberait jusqu’à 13,7 % dans l’Hexagone.

« Recalibrer ces mécanismes »

Les économistes sont pourtant unanimes : « Les mécanismes d’activité partielle adoptés en Europe ont efficacement limité l’envolée du taux de chômage », résume Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa. De fait, le contraste est fort avec les Etats-Unis, où le taux de demandeurs d’emploi a culminé à 14,7 % en avril, contre 6,6 % dans l’Union européenne (UE). Au total, près du tiers de la main-d’œuvre dans les cinq premières économies européennes, soit 45 millions de personnes, est passé par ces dispositifs. De quoi amortir une grande partie du choc de la récession, bien plus violente qu’en 2008.

« Maintenant que le confinement est levé et que l’activité repart, il est important de recalibrer ces mécanismes de soutien avec finesse », explique Daniela Ordonez, chez économiste à Oxford Economics. D’abord, parce qu’ils représentent un coût non négligeable pour les finances publiques, ainsi qu’un risque d’abus, lorsque des entreprises qui n’en ont guère besoin en profitent. Selon le ministère du travail, 850 cas de fraudes sont ainsi suspectés en France. « En outre, conserver trop longtemps le chômage partiel, conçu pour amortir des chocs sur le court terme, pourrait empêcher certains travailleurs de se déplacer vers des activités plus viables », ajoute M. Scarpetta.

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