Economie

les actionnaires de But rachètent Conforama en France

Un magasin Conforama, à Proville (Nord), le 11 juillet 2019.

Après plusieurs semaines de suspense, l’avenir du distributeur d’ameublement Conforama semble enfin scellé. Le groupe sud-africain Steinhoff a annoncé, mercredi 8 juillet, la cession de Conforama France à Mobilux, l’actionnaire de But, pour un montant non dévoilé.

L’opération devrait être finalisée d’ici la fin du mois de septembre après aval de l’Autorité de la concurrence. Elle permettra à Conforama France de recevoir immédiatement 150 millions d’euros d’argent frais, dont un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 100 millions et un prêt relais de 50 millions d’euros de Mobilux. Puis à la signature définitive, Conforama obtiendra un second PGE de 200 millions d’euros, accompagné d’une augmentation de capital du même montant qui sera souscrite par Mobilux.

Le nouvel ensemble sera constitué sur le modèle du groupe Fnac Darty avec deux enseignes distinctes qui partageront le même actionnaire, celui de But. L’entreprise avait été rachetée en 2016 par Mobilux, une société qui appartient pour moitié au fonds d’investissement américain CD & R et pour moitié à WM Holding, le véhicule d’investissement de deux frères autrichiens Richard et Andreas Seifert, à la tête de l’entreprise familiale spécialiste du meuble XXXLutz. L’objectif de Mobilux : ajouter une brique au projet de créer le leader européen de l’ameublement, capable de rivaliser avec le géant suédois Ikea.

Lire le décryptage : Les dessous des fiançailles entre But et Conforama

En France, But et Conforama sont au coude-à-coude, occupant la deuxième et la troisième place du marché de l’ameublement en 2019 avec respectivement 10,86 % et 10,36 % de part de marché, derrière Ikea (15,43 %). But, qui comptabilise 309 magasins et emploie 7 500 salariés, ouvre trois à quatre magasins par an en moyenne. Conforama sera prochainement à la tête de 162 magasins et de 6 300 salariés, une fois achevée la restructuration annoncée en 2019, qui passe par la suppression de 1 900 emplois.

Un soulagement pour les fournisseurs

Les actionnaires de But ont promis que les deux enseignes conserveraient leur identité, des stratégies commerciales distinctes et des sièges sociaux séparés. Les bénéfices de cette alliance se feront sentir sur l’optimisation de leurs achats, et l’échange des avancées technologiques. Conforama, par exemple, a davantage investi le e-commerce (il y réalise environ 10 % de son chiffre d’affaires) que But.

Ce rapprochement est un soulagement pour les fournisseurs, qui ont été assurés de conserver les commandes de la part des deux enseignes. Car les deux distributeurs positionnés sur le même segment du meuble de moyenne gamme font vivre un chapelet de petites entreprises françaises. Certains fabricants vendent jusqu’à 35 % de leur production à Conforama. But indique que les fournisseurs français représentaient 40 % des achats de produits meublants et 80 % de literie en 2019. Tandis que Conforama assure acheter « plus de 60 % des produits commercialisés auprès d’entreprises françaises ».

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Les salariés de Conforama sont eux aussi soulagés. Pendant plusieurs semaines, ils ont redouté que leur entreprise finisse en redressement judiciaire. Pour accompagner le redémarrage de son activité après le déconfinement, Conforama avait en effet sollicité un PGE de 320 millions d’euros que les banques lui avaient refusé.

Le comité interministériel de restructuration industrielle, la cellule de Bercy qui vient en aide aux entreprises en difficulté, avait alors incité But à proposer une opération de rapprochement à son concurrent. Les actionnaires étaient depuis longtemps intéressés par ce rachat. Ils en avaient déjà étudié l’idée lorsque Conforama avait été mis en vente au printemps 2019 sans aller jusqu’au bout de la démarche.

« Après des semaines de tractation très éprouvantes pour les nerfs des salariés », indique le syndicat FO dans un communiqué, « les salariés de Conforama France, dans la tourmente depuis plus d’un an, mais aussi les entreprises hexagonales suspendues à notre destin, vont enfin retrouver le sourire. » Il met néanmoins en garde sur les « nombreuses questions [qui] se poseront à court ou moyen terme : fermeture éventuelle de magasins Conforama ou But selon la décision à venir de l’Autorité de la concurrence ; devenir du service après-vente, de la logistique et du siège social ; évolution de la stratégie commerciale sous l’impulsion des nouveaux actionnaires… ».


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