Economie

Le groupe Beaumanoir reprend 40 % des salariés de La Halle

Devant l’entrepôt La Halle d’Issoudun (Indre), le 2 juin.

Le verdict est tombé. Sans surprise, le tribunal de commerce de Paris a décidé, mercredi 8 juillet, d’attribuer La Halle, enseigne placée en redressement judiciaire depuis le 2 juin, au groupe Beaumanoir. L’entreprise bretonne reprend 366 magasins et 2 520 salariés de la chaîne d’habillement qui exploite 820 boutiques en France. Le groupe, qui était le mieux-disant des 25 candidats à la reprise, a obtenu le soutien du gouvernement, notamment par le biais de l’obtention d’un prêt garanti par l’Etat. D’un montant de 41 millions d’euros, cet emprunt doit permettre à la société fondée par Roland Beaumanoir en 1985 de financer le rachat, les collections à venir et le plan de relance de l’enseigne. En tout, le groupe, qui emploie déjà 13 600 personnes dans le monde, assure vouloir investir 60 millions d’euros dans La Halle.

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« Nous avons pour cela conçu et proposé un projet global fort et engagé pour la marque qui va pouvoir bénéficier de tout notre savoir-faire et de nos technologies pour lui donner de vrais moyens de développement », a fait valoir Roland Beaumanoir, par communiqué, mercredi. Connu pour son enseigne Cache-Cache, ses jeans Bonobo et ses magasins Morgan, autre marque rachetée à la barre du tribunal, le groupe au 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires avait précisé vouloir maintenir l’enseigne La Halle sur la majorité des points de vente repris. Et il entend transformer une trentaine d’entre eux en Vib’s, enseigne qui distribue plusieurs de ses marques en périphérie des grandes villes.

« L’ampleur inégalée de ces suppressions d’emplois »

Initialement, Beaumanoir s’était associé à la société Besson. L’enseigne de chaussures détenue par le groupe GPG fondé par Philippe Ginestet, repreneur de l’enseigne Tati en 2017, et Weinberg Capital s’était engagée à reprendre 42 magasins et 195 postes. Mais, finalement, les juges du tribunal de commerce de Paris ont choisi d’associer le groupe Beaumanoir à deux autres candidats : Chaussea, qui proposait la reprise de 181 magasins et 1 031 postes de travail et SuperChauss’34, intéressé par 23 points de vente, soit 150 employés. Le premier hérite finalement de 128 magasins, tandis que le second en décroche 14.

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Les élus du personnel de La Halle avaient précisément préconisé cette alliance pour « sauver davantage d’emplois ». En tout, d’après le décompte publié dans la décision du tribunal, ce sont près de 3 300 postes qui sont préservés grâce à ces trois repreneurs. « Près de 2 200 personnes seront licenciées », déplore Karim Cheboub, en soulignant « l’ampleur inégalée de ces suppressions d’emplois » dans le secteur de la distribution d’habillement. Faute de repreneur, les 289 salariés de l’entrepôt d’Issoudun (Indre) seront licenciés. A Châteauroux, le groupe Beaumanoir s’est engagé à reprendre 156 des 166 employés.

La décision du tribunal intervient après des semaines de négociations entre les administrateurs judiciaires et les repreneurs. Mise en redressement à la demande de son actionnaire, le groupe Vivarte présidé par Patrick Puy, La Halle a fait l’objet de nombreuses marques d’intérêt. Des chaînes d’habillement, mais aussi des enseignes alimentaires comme Lidl, Biocoop ou Franprix s’étaient manifestés. Sans succès. Elles pourraient cependant bénéficier de la cession ultérieure d’actifs.


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