Economie

la Mairie de Paris offensive, les propriétaires attentistes

Dans le cadre d’un partenariat entre Airbnb et le musée du Louvre, le logo de la plate-forme est affiché sous la pyramide de verre, à Paris, en mars 2019.

A vendre, cet appartement de 59 mètres carrés dans le 20e arrondissement de Paris, promettant 4 000 euros de revenus mensuels. A vendre, ce rez-de-chaussée place de l’Odéon (6e) transformé en quatre-pièces, « belle rentabilité au rendez-vous ». A vendre, « un superbe local commercial transformé en Airbnb » à deux pas de Bercy (12e).

Depuis le déconfinement, les locaux commerciaux reconvertis en locations meublées saisonnières à Paris fleurissent sur les sites de petites annonces. Leurs revenus ont chuté à zéro durant deux mois, et le marché repart très lentement, en raison de l’absence de tourisme international : le site spécialisé AirDNA constate une baisse des réservations de 75 % environ pour juillet et août dans la capitale, par rapport à 2019.

Quelques multipropriétaires ayant beaucoup investi dans ce marché spécifique se délestent ainsi de leurs appartements meublés ; mais le phénomène n’est pas pour autant massif.

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Damien Marcel, directeur de l’agence de gestion de meublés GLAM@Paris, constate qu’au lieu de voir « un appartement par mois potentiellement intéressant » il en trouve aujourd’hui « deux ou trois par semaine, particulièrement dans le Marais [centre de Paris] », secteur symbolique. Il nuance : « Avoir un bien louable en local commercial, c’est une chance. Je n’ai pas de propriétaire qui envisage de vendre. »

César Cammarata, spécialisé dans les locaux commerciaux chez D.U. Option Immobilier, raconte que l’un de ses clients, une société foncière possédant 150 appartements loués sur Airbnb à Paris, « commence à liquider » dans un marché effondré. « Ce que l’on vendait en février à 20 000 euros le mètre carré avec la promesse d’une rentabilité de 10 %, on a aujourd’hui du mal à le vendre à 15 000. Si on reprend un confinement, beaucoup de propriétaires ne s’en sortiront pas. Et le coup de chaud s’est confirmé, dimanche 28 juin, avec la réélection de notre amie Anne Hidalgo. On va tous avoir des problèmes ! »

« Airbnb se trouve un peu pris en tenaille »

Bête noire des spécialistes de la location touristique, la maire PS de Paris a donné à Airbnb une place centrale dans sa campagne. Vendredi 3 juillet, à l’occasion de sa réélection formelle par le conseil municipal, elle en a encore discuté avec son nouvel adjoint au tourisme, Frédéric Hocquard. Hasard de l’alphabet, ils siégeaient côte à côte. La maire a confirmé son intention d’organiser un référendum sur le logement à l’automne. « En novembre », probablement, le temps de mener campagne. Airbnb sera au cœur de ce vote des Parisiens. La question pourrait être : « Etes-vous d’accord pour réduire la durée maximale de location autorisée ? », par exemple de cent vingt à trente jours par an.

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