Economie

Luckin, la potion amère des Bourses américaines

« Fondée en 2017, Luckin est une entreprise qui a vendu des cafés à la classe moyenne chinoise et des rêves aux investisseurs. »

Chronique. Luckin est une entreprise sans patron. Son fondateur, Lu Zhengyao, ou Charles Lu, a été révoqué par un conseil d’administration dimanche 5 juillet. L’entreprise, accusée d’avoir fabriqué plus de 300 millions de dollars de fausses ventes, a vu son cours suspendu au Nasdaq, à New York, vendredi 29, première étape d’une procédure d’expulsion. La fin d’un polar financier, qui a donné du grain à moudre aux défenseurs d’une loi visant à bannir les entreprises chinoises des bourses américaines, en plein découplage économique entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Fondée en 2017, Luckin est une entreprise qui a vendu des cafés à la classe moyenne chinoise et des rêves aux investisseurs. Comme toute start-up qui se respecte, elle promet de « disrupter » les acteurs établis de l’industrie, au premier rang desquels Starbucks. Son modèle consiste à ne proposer que de la vente à emporter ou à la livraison, installant de simples comptoirs pour économiser sur l’immobilier.

La valeur de l’entreprise, qui avait atteint 12 milliards de dollars, tombe à moins d’un milliard

L’entreprise force aussi les clients à passer leur commande en ligne à travers une application pour récolter leurs données personnelles. Le café n’a rien d’extraordinaire, mais grâce à de généreuses promotions, les prix sont deux à trois fois plus bas que ceux du concurrent Starbucks.

En 2018, Luckin ouvre de nouveaux cafés toutes les quelques heures. Les investisseurs se bousculent. Après un an et demi d’existence, l’entreprise lève 651 millions de dollars au Nasdaq. Six mois plus tard, Luckin annonce des ventes en hausse de 558 % sur un an. En janvier 2020, l’action Luckin a presque triplé de valeur depuis son introduction pour atteindre 50 dollars.

Un mystérieux rapport

C’est alors qu’un mystérieux rapport vient chambouler le récit doré vendu par Charles Lu à ses actionnaires. Diffusé par Muddy Waters, une entreprise financière américaine spécialisée sur les paris à la baisse, le rapport affirme que les ventes doivent être truquées, sur la base de milliers d’heures de vidéo surveillance pour compter les clients de l’enseigne. Deux mois plus tard, l’entreprise avoue avoir falsifié plus de 300 millions de dollars de ventes, grâce à des bons, achetés par des employés de Luckin, ou des entreprises écrans détenues par des proches du fondateur. La valeur de l’entreprise, qui avait atteint 12 milliards de dollars (10,613 milliards d’euros), tombe à moins d’un milliard.

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