Economie

Les nombreux défis des opérateurs pour le déploiement de la 5G

Un autocollant « 5G » sur une vitrine à Pékin, le 25 mai 2020.

Les opérateurs téléphoniques français pourront-ils utiliser des antennes fabriquées par Huawei dans leurs futurs réseaux 5G ? Pour ceux qui en ont fait la demande, il y a déjà plusieurs mois, la date couperet approche. « Les décisions sont prêtes », a affirmé, dans un entretien avec Les Echos lundi 6 juillet, Guillaume Poupard, le directeur général de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), chargée depuis une loi de 2019 d’autoriser – ou non – l’utilisation d’équipements conçus par la firme de Shenzhen. Encore un paraphe de la secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale et les opérateurs seront fixés.

« Il n’y aura pas de bannissement total de Huawei », a prévenu le chef des cyberpompiers de l’Etat, mais il s’agit bien de limiter la présence de l’entreprise chinoise en France : elle seule a fait l’objet de refus dans certaines villes, contrairement à ses concurrents, les européens Ericsson et Nokia, a précisé M. Poupard. Ce dernier a avoué « inciter les opérateurs qui n’utilisent pas Huawei à ne pas y aller ». L’Anssi a aussi limité dans le temps l’utilisation des matériels du groupe chinois à une période de trois à huit ans. Bref, « ça se durcit sur Huawei et il n’a jamais été dit de façon aussi claire » que l’exécutif ne veut pas du fabricant chinois, décrypte-t-on chez l’un des opérateurs.

Lire aussi « Il n’y aura pas un bannissement total » de Huawei dans la 5G en France, prévient le patron de l’Anssi

Enjeu de souveraineté

Il n’a pas fallu longtemps pour que Pékin réagisse. Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Zhao Lijian, interrogé lundi lors d’un point presse, a appelé la France à « prendre des mesures concrètes pour mettre en place un environnement ouvert, équitable et non discriminatoire pour les entreprises de tous les pays, y compris les entreprises chinoises ».

Les autorités veulent parer tout risque d’espionnage, mais aussi de « débranchement » à distance par Huawei

M. Poupard justifie le regard plus sévère porté sur Huawei par les « risques », différents selon qu’« on parle d’équipements chinois ou américains ». Mais il donne peu de détails. Les autorités mettent en avant un enjeu de souveraineté : elles veulent parer tout risque d’espionnage, mais aussi de « débranchement » à distance d’un réseau appelé à devenir critique pour le transport, l’énergie, l’industrie, la santé…

De son côté, Huawei, présent « depuis dix-sept ans en France », a toujours affirmé qu’il n’y avait « jamais eu de sujet d’espionnage » avec ses équipements : « En France, Huawei ne respecte que la loi française », a assuré aux Echos fin février Linda Han, sa responsable des affaires publiques en France, ajoutant que « Huawei n’irait jamais à l’encontre des intérêts de ses clients ».

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