Economie

Le groupe Phildar placé en sauvegarde judiciaire

Le tribunal de commerce de Lille Métropole a ouvert le 1er juillet une procédure de sauvegarde pour le groupe de fil à tricoter Phildar, avec une période d’observation de six mois. Cette procédure permet à Phildar de poursuivre son activité commerciale sans interruption, et de façon normale, en attendant d’éventuels repreneurs.

La date limite de dépôt des offres est fixée au 31 juillet, annonce l’administrateur judiciaire Ajilink. L’Association familiale Mulliez (AFM) n’a pour l’instant pas donné d’informations sur sa volonté ou non de rester au sein du capital de Phildar. Et la direction n’a pas souhaité détailler l’ampleur des difficultés de la marque créée en 1946.

« Après les difficultés d’activité dues aux mouvements sociaux de la fin d’année 2019, la crise du Covid a été un puissant révélateur, explique succinctement dans un communiqué Eric Vandendriessche, directeur général de Phildar depuis décembre. Ce qui fonctionnait, fonctionne encore mieux. Ce qui était difficile l’est encore plus. »

« Pour l’instant, on n’a pas peur pour nos emplois »

L’enseigne nordiste à l’origine de la galaxie Mulliez est en perte de vitesse depuis près de dix ans. En 2013, une partie des salariés de Phildar quittait les locaux roubaisiens pour rejoindre Neuville-en-Ferrain, près de Tourcoing, là où se trouve désormais le siège. Ephigea, réunion des marques Phildar et Grain de malice, était alors étranglée par son loyer d’un million d’euros par an. Une charge cumulée à un exercice déficitaire depuis 2015 (− 3,6 millions d’euros en 2018) et un chiffre d’affaires en baisse (35,6 millions d’euros l’an dernier contre 155 millions d’euros il y a dix ans et 50,6 millions en 2014).

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Ça va être la lessiveuse » : la difficile reconversion des salariés de l’habillement

Jusqu’ici, les actionnaires remettaient au pot pour maintenir à flot l’entreprise, qui compte encore 223 salariés, dont 131 dans les 115 magasins (61 affiliés, 44 succursales et 10 franchisés). Mais malgré ce soutien de l’AFM, Phildar se trouve dans l’obligation de se placer sous la protection du tribunal de commerce, le temps de sa réorganisation. « Depuis cette annonce, les clients sont là pour nous soutenir, explique une salariée du magasin Phildar de Roubaix. Et pour l’instant, on n’a pas peur pour nos emplois. »

A Roubaix, personne ne peut imaginer que l’enseigne puisse sortir du giron des Mulliez

Selon la direction, l’enseigne s’est adaptée aux nouveaux modes de distribution, notamment en développant l’e-commerce. Mais ces évolutions n’ont pas été suffisamment rapides. A Roubaix, berceau de Phildar, personne ne peut imaginer que l’enseigne puisse sortir du giron des Mulliez. D’autant que sans Phildar, il n’y aurait probablement pas eu Auchan et la saga des Mulliez.

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