Economie

Le gaulliste Patrick Ollier perd la présidence de la Métropole du Grand Paris

Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses, a battu, mardi 7 juillet, Patrick Ollier pour la présidence de la Métropole du Grand Paris.

Est-ce la mort annoncée de la Métropole du Grand Paris (MGP) ? En décidant d’écarter le vieux gaulliste Patrick Ollier pour le remplacer par le jeune maire (ex-Les Républicains) Vincent Jeanbrun, les élus de droite de Paris et de sa banlieue n’ont pas seulement procédé, mardi 7 juillet, à un spectaculaire changement de génération à la tête de la MGP. Ils ont surtout porté un coup violent à cette jeune structure, créée en 2016 pour donner une traduction institutionnelle au concept de « Grand Paris », et très contestée depuis.

A 36 ans, Vincent Jeanbrun s’apprête en effet à prendre la présidence de la métropole pour mieux la dynamiter de l’intérieur. A l’issue de la primaire de la droite qu’il a remportée mardi soir par 54 voix contre 44 à Patrick Ollier, il sera en principe élu officiellement jeudi matin, lors d’une séance réunie à titre exceptionnel au Palais des congrès de Paris. Le résultat du scrutin ne fait a priori pas de doute, la droite étant nettement majoritaire au sein de la MGP, et ne présentant qu’un candidat, celui désigné mardi soir. Il n’est cependant pas exclu que la gauche tente de faire barrage à Vincent Jeanbrun en alignant son propre candidat, avec l’espoir de rallier une partie des soutiens de Patrick Ollier.

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Ce dernier, qui préside la MGP depuis sa fondation, n’a pas vu le coup venir. Depuis des mois, le maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) imaginait qu’avec sa longue expérience et sa gestion tout en douceur de la métropole, sa réélection à la tête de la collectivité allait d’elle-même, ou presque. Cet amateur de consensus pensait s’appuyer sur son camp et, au-delà, sur l’ensemble des élus des 131 communes regroupées dans la MGP, y compris celles de gauche, comme Paris.

Depuis l’origine, l’ancien ministre, ancien député et fugace président de l’Assemblée nationale a en effet mis en place une « gouvernance partagée », qui associe les diverses tendances politiques. Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, est ainsi la première vice-présidente de la MGP. Dans ce « club de maires », 98 % des décisions sont prises à l’unanimité. Alors, pourquoi se déchirer pour renouveler le mandat de celui qui a porté la métropole sur les fonts baptismaux ? Patrick Ollier a certes passé le cap des 75 ans, mais vient d’être réélu sans encombre pour un quatrième mandat à Rueil-Malmaison.

« C’est un Grand Paris rétréci, riquiqui »

C’était sans compter le mécontentement d’une partie des élus. En particulier de Valérie Pécresse, la présidente (ex-LR) de la Région Ile-de-France. Depuis plusieurs années, l’ancienne ministre n’a pas de mots assez durs pour la MGP. A ses yeux, le Grand Paris, ce rêve ambitieux de Nicolas Sarkozy, a débouché en pratique sur un « corps mou ». Ses frontières sont « purement politiques » : Paris, les trois départements de la petite couronne, plus une commune du Val-d’Oise et six de l’Essonne. « C’est un Grand Paris rétréci, riquiqui, sans Roissy ni les villes nouvelles », une curieuse résurgence du département de la Seine supprimé en 1968, peste-t-elle.

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