Economie

un coup dur pour les économies locales

Le théâtre de l’Archevêché où aurait dû se tenir le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, ici le 24 juin.

Les 7, 10 et 13 juillet, dans le Grand Théâtre de Provence, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), sous la baguette de Sir Simon Rattle, à la tête du London Symphony Orchestra, le baryton allemand Christian Gerhaher aurait dû interpréter Wozzeck. Dans un rôle de brave soldat méprisé, il devait assassiner sa maîtresse. Il n’en a rien été. En revanche, la pandémie de Covid-19 s’est avérée plus sombre et a eu raison de la quasi-totalité des festivals en France, cet été.

Ces annulations en cascade provoquent une onde de choc violente, qui se répercute chez les artistes, les compagnies, les organisateurs de ces manifestations, mais qui affecte aussi très durement l’économie des villes et l’emploi. Avec des milliards d’euros évaporés et des dizaines de milliers d’emplois volatilisés.

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Dans une étude publiée, en mai, sur la perte économique et sociale des festivals annulés – soit 4 000 manifestations toutes disciplines confondues (musique pour les deux tiers, mais aussi théâtre, danse, opéra, cinéma, littérature, arts du cirque…), entre avril et fin août –, Emmanuel Négrier, chercheur au Centre national de la recherche scientifique-Centre d’études politiques de l’Europe latine (CNRS-Cepel) de l’université de Montpellier et son confrère Aurélien Djakouane, du laboratoire Sophiapol de l’université de Nanterre, estiment, dans leur fourchette haute, à 2,6 milliards d’euros le coût de ces annulations.

Cela inclut les pertes liées à l’absence de dépenses des festivaliers (avec un panier moyen de 53 euros), la réduction des dépenses des festivals (dont le budget moyen s’élève à 740 718 euros) et les effets induits (l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, la vente des spectacles…). Piètre consolation, le ministère de la culture a annoncé, le 1er juillet, la création d’un fonds de 10 millions d’euros pour faire face au séisme auquel sont confrontés ces événements…

Plus de 359 000 personnes sont concernées

En termes d’incidence sociale, les deux chercheurs prévoient, dans l’hypothèse la plus sombre, la suppression de 111 065 emplois (hors bénévoles et personnels mis à disposition de ces manifestations), d’ici à la fin août. En comptant les bénévoles et ceux qui ont travaillé quatre mois avant la tenue espérée des festivals, plus de 359 000 personnes sont concernées.

Rien que pour les cachets payés aux artistes, 238 000 engagements se sont volatilisés. Un calcul a minima, puisque Emmanuel Négrier n’attend guère un retour de l’effervescence festivalière au 1er septembre.

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