Economie

« Et si la société civile était l’investissement prioritaire de l’après-crise ? »

Tribune. A l’heure où le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s’apprête à devenir le carrefour des consultations publiques, il faut donner un nouveau souffle à la démocratie participative et favoriser une approche prospective des problématiques sociales, économiques, culturelles et d’intérêt général, y compris à l’échelle locale.

Le citoyen ne serait-il qu’un électeur ? Et la démocratie en danger face au taux d’abstention galopant ? Si tel est le cas, seul un petit tiers de la population en âge de voter dimanche a pris conscience de sa responsabilité. Des décennies que la démocratie, si fragile et forte à la fois, tente de s’adapter à nos sociétés, aux nouveaux paradigmes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Des conventionnels fiers et heureux d’avoir été entendus

Le corps social a profondément muté. Englobé dans une vaste classe moyenne, déformé par un processus de dualisation de la société qui serait essentiellement structurée par des oppositions entre inclus et exclus, stables et précaires, urbains et ruraux et potentiellement en train d’imploser dans des replis communautaires identitaires. La centralisation des pouvoirs exacerbe le mouvement et conduit celles et ceux qui tiennent ce pouvoir, à se faire des idées inexactes sur les ressentis, sur les fractures et sur les besoins à satisfaire. La crise des « gilets jaunes » en a profondément donné lecture !

Le peuple est impatient pour préparer l’avenir, le monde d’après

Plusieurs fois annoncée et repoussée, la réforme du Conseil économique, social et environnemental est à l’ordre du jour du conseil des ministres du mercredi 8 juillet. Le Cese est à la veille d’une transformation historique. Sa composition doit être réformée pour renouer avec sa vocation originelle : la représentation de la société civile. Le changement de son appellation est à lui seul un symptôme et une promesse.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les citoyens de la convention pour le climat engagés dans un sprint final

Le futur « Conseil de la participation citoyenne » a déjà opéré sa mutation, en accompagnant durant neuf mois, la Convention citoyenne pour le climat.. Mais est-ce suffisant pour donner un horizon aux Français ? Après la crise sanitaire et pour affronter les conséquences durables de la crise économique et sociale, les Français doivent pouvoir se projeter. Ils sont capables du meilleur, à condition que les perspectives soient tracées, que la vision soit à long terme, et qu’elle prenne, un peu, le pas sur l’information en continue qui domine et laisse peu de place au temps long.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Tirage au sort, la démocratie du citoyen ordinaire

Le peuple est impatient, mais capable d’agir aujourd’hui pour préparer l’avenir, le monde d’après. Mais quel rôle souhaite-t-on lui donner ? Les vérités d’aujourd’hui ne seront pas les certitudes de demain. Au-delà, la crise sanitaire nous confronte d’abord aux défis éthiques pour relever tous les autres, dans une succession d’effondrements probables. Les crises et les catastrophes ont toujours stimulé les forces d’adaptation de la société. Il faut lire l’essai de Pierre Giorgini « La crise de la joie – et s’il suffisait d’écouter le Vivant ! » (Bayard, 2020). Nous prenons conscience aujourd’hui que nous modifions et altérons notre environnement bien au-delà de notre capacité d’adaptation.

Il vous reste 35.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page