Economie

avec EELV, une vague verte historique déferle sur les grandes villes françaises

Deuxième tour des élections municipales et métropolitaines à Lyon le 28 juin 2020. Bureau de vote de la Bourse dans le 2e arrondissement.

BRUNO AMSELLEM / DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

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Publié hier à 05h50, mis à jour hier à 10h36

C’est une bascule historique. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) n’est plus le même parti après le second tour des élections municipales, le 28 juin. Petite structure de quatre salariés, sans députés à l’Assemblée nationale, EELV a ravi plusieurs grandes villes, devenant ainsi une force majeure de l’opposition au président de la République Emmanuel Macron. Les écologistes gagnent – seuls ou à la tête de coalitions – des communes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Annecy ou encore Colombes (Hauts-de-Seine).

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Ils gardent Grenoble et participent à la victoire à Paris, Montpellier ou encore à Marseille où la situation reste encore un peu floue pour le « troisième tour », l’élection du maire par les conseillers municipaux. Toutes ces villes devront être les vitrines de cette écologie politique qui est entrée dans sa phase de maturité, qui n’a plus peur de dire qu’elle veut le pouvoir et l’exercer.

« Cela ressemble aux municipales de 1977 [gagnées par la gauche et qui préfiguraient la victoire de François Mitterrand en 1981]. Malgré les coalitions anticlimat, malgré les insultes dans la campagne, les maires écologistes sont réélus et de nouvelles victoires permettent à l’écologie de s’ancrer durablement dans les territoires, dans de nombreuses villes et grandes métropoles. Mais aussi dans de nombreux villages et quartiers populaires, sur lesquels l’attention se porte moins : Schiltigheim [Bas-Rhin], Bègles [Gironde], Arcueil [Val-de-Marne]… », se félicite Julien Bayou, secrétaire national d’EELV.

« Un tournant politique pour notre pays »

Yannick Jadot, député européen et homme fort des Verts, abonde : « C’est un tournant politique pour notre pays. Le paysage se recompose autour de l’écologie, d’un projet riche. C’est une réaction à l’impuissance et aux non-choix du gouvernement sur les questions écologiques et sociales, à la verticalité de son pouvoir. »

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Malgré une abstention record, cette vague verte était pressentie après les bons résultats du premier tour des élections municipales le 15 mars. L’interruption due à l’épidémie de Covid-19 et le confinement auraient pu casser l’élan écologiste. Il n’en a rien été, au contraire.

Des supporteurs de Pierre Hurmic (EELV) fêtent sa victoire au second tour des élections municipales à Bordeaux, le 28 juin.

« La grille de lecture de l’épidémie s’est faite autour de l’écologie, avec les questionnements autour de nos modes de vie et de consommation qui mettent à trop rudes épreuves nos écosystèmes », décrypte Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP et coauteur avec Marie Gariazzo, Gaspard Jaboulay, François Kraus et Sarah Wolber du livre En immersion : enquête sur une société confinée (Seuil, 224 p., 18 euros). Il ajoute : « Le confinement a été un accélérateur. Les gens demandent du localisme, une baisse de la consommation frénétique. Cette période a renforcé les thèmes d’EELV. »

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