Economie

Les espaces de coworking devraient sortir renforcés de la crise

L’espace de bureaux à partager Deskopolitan, à Paris, le 27 mai.

Depuis 2012, les opérateurs de coworking, ces espaces de bureaux partagés loués au mois, ont déferlé en France, singulièrement sur Paris. Après l’acteur historique Regus, créé dès 1989 par le groupe IWG qui détient aussi Spaces, les américains WeWork et Knotel (avec sa filiale Deskeo) ont fait leur entrée dans l’Hexagone. Bouygues a créé Wojo, ex-Nextdoor, avant d’en céder 50 % à Accor Hotels, et Nexity a acquis Morning.

Quatre opérateurs se partagent ainsi 24 % des surfaces de coworking. Ensuite viennent une kyrielle d’acteurs de taille moindre, Mozaik, La Cordée, sans oublier les cafés offrant des postes de télétravail et les indépendants. On compte désormais, en France, 1 700 espaces de coworking, un chiffre qui a triplé depuis 2015, selon l’indice de la banque de données Bureaux à partager.

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L’appétit de ces acteurs est tel qu’ils ont capté, en 2018 et en 2019, la moitié du marché des surfaces à louer de plus de 5 000 m2 à Paris, asséchant l’offre disponible, notamment dans les arrondissements du centre dont les start-up sont si friandes, et faisant monter les prix. « Avant le Covid, trouver des bureaux dans le centre de Paris – parce qu’il n’est pas question, pour une start-up comme la nôtre, d’aller à la Défense [HautsdeSeine] , c’était l’enfer. Il n’y avait plus un mètre carré disponible, sinon à des prix astronomiques, jusqu’à 1 000 euros le mètre carré annuel, raconte Raphaël Di Meglio, fondateur et PDG de Matera, une start-up d’aide à la gestion bénévole des copropriétés. J’ai finalement loué 1 300 m2 un peu à l’écart du centre, place de Clichy, en m’engageant sur un bail de trois ans. Mais, aujourd’hui, avec la crise, mes perspectives de recrutement et de croissance sont différées, le lieu est devenu trop grand et je ne trouve pas de sous-locataire ni de coworkers », explique-t-il.

La moitié de la clientèle aurait disparu

La crise économique, conséquence de la pandémie de Covid-19, fait s’écrouler la demande. D’après l’enquête de CoworkIntel menée en mai auprès de 100 opérateurs en France, la moitié de leur clientèle (49 %) aurait disparu, obligeant 14 % d’entre eux à se séparer de tous leurs salariés. « Cela signifie que certaines entreprises de coworking vont fermer ou être rachetées par de plus solides qu’elles, les leaders du secteur », commente Benjamin Tannenbaum, PDG de CoworkIntel. « Entre 15 % et 30 % des lieux pourraient disparaître, notamment ceux loués aux clients les plus volatils, les indépendants et les microentrepreneurs », estime Mathieu Nathanaël, cofondateur de la plate-forme Neo-nomade, qui recense les espaces de coworking.

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