Economie

Rembourser la dette sans augmenter les impôts, le défi du gouvernement

D’où proviennent les 500 milliards d’euros mis en avant par Emmanuel Macron pour sauver l’économie française depuis le début de la pandémie de Covid-19 ? Et qui, in fine, paiera la facture ? Alors qu’une récession économique inédite est sur le point de succéder à la crise sanitaire, ces questions agitent tous les esprits.

Tout d’abord, l’Etat ne devrait pas réellement débourser 500 milliards d’euros. La somme totale engagée par le gouvernement – qui est d’ailleurs de 463 milliards et pas de 500 – ne comprend pas que des dépenses publiques. Elle regroupe aussi des garanties de prêts et des reports de cotisations et d’impôts accordés aux entreprises mises à mal depuis trois mois. Pour le moment, dans ce plan de soutien, « seuls » 58 milliards d’euros sont comptabilisés en dépenses, même si cette somme risque de s’alourdir en cas de non-remboursement pour cause de faillites d’entreprises, par exemple.

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Pour financer ces dépenses, l’Etat a recours, encore plus que d’habitude, à l’emprunt sur les marchés financiers (260 milliards d’euros cette année, selon le dernier projet de loi de finances rectificative). Et ce, à des taux très bas, notamment en raison des garanties offertes par la Banque centrale européenne. Résultat : en dépit de l’explosion de l’endettement tricolore, la charge de la dette – les intérêts dus aux créanciers de la France – devrait encore baisser cette année, à 36,6 milliards d’euros contre un peu plus de 40 milliards versés en 2019.

« Faire des choix politiques »

Et après ? Le débat sur le bon niveau de dette est d’autant plus délicat qu’aucun économiste n’est capable de situer précisément la « soutenabilité » d’une dette. Outre son montant en valeur absolue, cela dépend du niveau des taux d’intérêt, de l’évolution dans le temps de cette dette, de la croissance que peut espérer atteindre le pays… D’où les polémiques sur la nécessité ou pas de rembourser la dette.

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« Dire “nos enfants paieront [si nous ne remboursons pas la dette]”, c’est confondre un Etat et un ménage. Un Etat ne rembourse pas sa dette, il la refinance ! », explique Philippe Martin, patron du Centre d’analyse économique, un think tank rattaché à Matignon. Toutefois, « ce n’est pas parce que l’argent n’est pas cher qu’il ne faut pas dépenser de manière efficace et raisonnée, et faire des choix politiques », estime-t-il.

« Tout le monde sait qu’on ne remboursera jamais notre stock de dette. Les investisseurs continuent à se précipiter pour acheter notre dette même à des taux négatifs. Et pourtant, au nom de cette dette, on impose des baisses de dépenses publiques : c’est du chantage », déplore, à gauche, le député Eric Coquerel (LFI). « Effacer une partie de la dette, ça n’a jamais été fait. Cela pose la question de la crédibilité vis-à-vis des investisseurs, de quelle partie de la dette on efface… Ce serait très hétérodoxe », répond Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques.

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