Economie

« Le logiciel de Volkswagen n’est pas prêt »

Herbert Diess, patron de  Volkswagen devant les modèles électriques ID3 en pré-production à Francfort, en septembre 2019.

Pertes & profits. La chasse aux Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) n’est pas un loisir réservé aux seuls ministres ou commissaires européens. Les entreprises, elles aussi, se soucient de leur souveraineté numérique. Le premier constructeur automobile mondial, Volkswagen (VW), l’affirme désormais haut et fort, le sujet est stratégique. Il pourrait même coûter son poste à l’actuel patron du groupe. Les pépins de la toute nouvelle Golf, dont la production a été stoppée pour corriger un bug, ont rappelé que, sans un bon logiciel, une voiture moderne ne vaut rien. Et ce sera encore plus le cas avec le véhicule électrique.

Lire la chronique : « Sur les Gafam souffle le vent de l’antitrust »

En septembre, la firme va lancer son premier modèle de masse, l’ID3. La première voiture construite sur la plate-forme MEB, qui constituera la brique de base de toute la gamme électrique du constructeur. Mais patatras ! le logiciel n’est pas prêt. VW conseille donc d’attendre la fin de l’année pour acheter le modèle. Tesla existe depuis seize ans, tous les experts reconnaissent désormais que la voiture du futur sera un logiciel sur roues, mais le roi du bolide, le propriétaire de VW, Skoda, Audi, Porsche, Seat, n’y arrive pas.

Foutoir numérique

D’où le branle-bas de combat actuel. D’abord la création d’une entité autonome, Car.Software, appelée à devenir l’une des plus riches start-up du monde : 7 milliards d’euros de budget et 5 000 experts au début, chiffre porté à 10 000 en 2025. Avec un objectif clair : passer, à cette date, de 10 % de logiciels VW dans une voiture à 60 %. Le tout nouveau patron de cette activité, Christian Senger, affirme qu’une voiture du groupe comprend actuellement des logiciels provenant de deux cents fournisseurs différents. Sa première tâche consistera à mettre au point un système d’exploitation maison, le VW OS, véritable cerveau de la voiture. Il sera développé en open source, mais ce n’est pas une bonne nouvelle pour les Google, Apple ou Microsoft, ainsi que pour les équipementiers automobiles traditionnels.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La marche forcée vers l’électrique de Volkswagen

Faire le ménage dans ce foutoir numérique qu’est devenue l’automobile ne sera pas facile, et la firme géante reconnaît que, dans ce domaine, elle a des années de retard sur le tout petit Tesla. Collaborer est souvent le moyen le plus rapide pour rattraper son retard. Mais les constructeurs allemands estiment que la priorité est désormais au développement interne. BMW a annoncé, de son côté, renoncer à son alliance, supposée « de long terme », avec son concurrent Daimler sur la voiture autonome. La crise actuelle a aiguisé les priorités et dicte les choix. Le monde de demain sera celui du chacun pour soi.

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