Economie

« Transformer en or le plomb de la dette des entreprises »

Tribune. Que faire des prêts garantis par l’Etat (PGE) ? Peut-on transformer cette dette des entreprises, dont le montant risque d’atteindre un niveau stratosphérique, en capital et ainsi transformer ce plomb, qui va considérablement lester les bilans, en or ou à tout le moins en argent ? Car s’ils sont extrêmement utiles pour restaurer la trésorerie des entreprises, fortement mise à mal par la crise sanitaire et le confinement, les PGE peuvent à terme faire peser sur ces dernières un risque existentiel.

Une société surendettée est en effet rapidement destinée à déposer son bilan et, dans le pire des cas, à faire l’objet d’une liquidation judiciaire. Raison pour laquelle de nombreux économistes proposent de transformer ces prêts en fonds propres. Une telle transformation serait de l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes. Les sociétés bénéficiant du PGE tout d’abord, qui y verraient un moyen idéal de consolider leur situation financière en faisant à la fois disparaître une dette de leur bilan et en renforçant leur capital social.

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Moins endettées, elles pourraient plus aisément rembourser leurs autres dettes et auraient également la possibilité de souscrire de nouveaux emprunts. Les banques verraient ainsi leurs clients retrouver un relatif équilibre financier, et espérer que les autres prêts qu’elles leur ont accordés seront remboursés. Ont-elles pour autant vocation à devenir actionnaires des sociétés à qui elles ont accordé les PGE ? Tant pour des raisons culturelles que pour des raisons prudentielles, elles y sont plutôt réticentes.

Opération favorable à l’Etat

C’est la raison pour laquelle il faudrait dès lors faire en sorte que soit l’Etat, soit d’autres collectivités publiques ou parapubliques (régions, municipalités, Caisse des dépôts, Banque publique d’investissement…) se substituent aux banques à cet effet. Mais comment opérer cette substitution ? On pourrait imaginer que les entreprises bénéficiant du PGE et n’étant plus en situation de le rembourser demandent que l’Etat se substitue à la banque créancière.

L’Etat deviendrait ainsi, au titre de la partie non remboursée et non garantie du PGE, leur nouveau prêteur. Cette partie du PGE aurait alors vocation à être convertie en actions ou en parts sociales de la société concernée. Evidemment, l’option entre rembourser le solde du PGE à la banque ou le convertir en actions détenues par l’Etat serait au choix des entreprises concernées : à aucun moment ni l’Etat ni la banque ne pourraient le leur imposer.

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