Economie

« Les villes vont se confirmer comme de grandes références au XXIe siècle »

Madrid a été l’épicentre de l’épidémie de Covid-19 en Espagne. La région métropolitaine a compté 8 600 morts confirmés – près de 15 000 si on y ajoute les cas suspects, dont un tiers en Ehpad. Maire de cette capitale meurtrie depuis juin 2019, José-Luis Martinez-Almeida, figure effacée du Parti populaire (PP, droite) s’est révélé à ses administrés, se forgeant une image de rassembleur, empathique et modéré. Treizième épisode de notre série de quatorze entretiens avec des maires de métropoles mondiales, sur leur vision de la ville après la pandémie due au coronavirus.

Madrid a été très touchée par la crise du Covid. Comment avez-vous vécu cette épreuve ?

Il n’y a aucun manuel d’instructions face à une telle crise. Il a d’abord fallu répondre à l’urgence, au jour le jour. Et dans cette situation, les services municipaux ont fait preuve d’une grande résilience. Le SAMU, la police municipale, les pompes funèbres, qui ont triplé leur capacité durant des semaines, ont su maintenir à flot une ville en état de choc… Humainement, Madrid a souffert de manière terrible puisqu’elle était l’épicentre de l’épidémie en Espagne, avec tous les jours son lot de morts et de nouveaux contaminés. Les Madrilènes ont dû abandonner leur mode de vie et ils ont accepté de rester confinés de manière exemplaire. Puis, avec le confinement, au drame sanitaire s’est ajouté le drame économique et social, lequel a atteint une dimension que l’on ne pouvait pas prévoir.

Les demandes d’aide alimentaire ont triplé et on a vu se former des longues files d’attente devant les soupes populaires ces derniers mois…

Je crains que la crise sociale soit encore plus profonde que celle de 2008. Et ce sont les villes qui y font face. Ce sont celles qui sont préparées pour cela et qui, par conséquent, devraient disposer de moyens financiers supplémentaires. Durant cette crise sanitaire, c’est vers elles que les citoyens se sont tournés et par elles qu’ils ont cherché à être rassurés. Je suis convaincu que les villes vont se confirmer comme de grandes références au XXIe siècle.

« Il faut travailler sur les services de proximité et encourager une mobilité plus durable »

Pourtant, les villes denses et peuplées, touristiques et globalisées, ont beaucoup souffert de la pandémie…

Evidemment cette expérience traumatique va nous obliger à repenser la ville. Mais cela ne remet pas en cause leur importance stratégique, au cœur de l’action publique. Les questions que cette crise nous pose existaient en réalité déjà. Jusqu’à quel point est-il possible de combiner le développement des villes et leur humanisation ? L’augmentation de la population et l’amélioration des conditions de vie, tout en respectant les objectifs climatiques de 2030 et la neutralité carbone en 2050 ? Madrid, avec 3,2 millions d’habitants, est déjà la seconde capitale de l’Union européenne…

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