Economie

« La mégalopole de demain sera plus participative »

June 10, 2020 - Dr. Claudia Sheinbaum, the mayor of Mexico City holds a meeting about COVID-19. The mural by Ariosto Otero is called

LISETTE POOLE POUR “LE MONDE”

Par

Publié aujourd’hui à 00h53

Au cœur de Mexico, les couloirs du palais colonial qui abrite la mairie sont désertés pendant le pic de la pandémie de Covid-19. Claudia Sheinbaum, l’édile de la capitale mexicaine, reçoit dans une grande salle de réunion vide.

Là, cette scientifique de 57 ans, de gauche et militante écologiste, suit sur un écran géant la mobilité urbaine et les foyers de contagion en temps réel dans un pays qui a opté, fin mars, pour un confinement volontaire, puis pour un déconfinement progressif, depuis début juin, alors que les contagions et les décès continuent d’augmenter dans la zone métropolitaine de la Vallée de Mexico (53 896 cas confirmés et 5 867 morts au 10 juin, soit un tiers des cas à l’échelle nationale).

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Elle répond aux questions du Monde sur l’avenir post-Covid-19 d’une mégalopole dotée de technologies de pointe, mais affectée par le manque d’eau courante. Dernier épisode de notre série de quatorze entretiens avec des maires de métropoles mondiales, sur leur vision de la ville après la pandémie due au coronavirus.

La concentration urbaine a longtemps été un atout pour une capitale comme Mexico. Ne s’est-elle pas transformée en piège face à la crise due au Covid-19 ?

Les vertus des grandes villes se révèlent être des vulnérabilités face à un tel virus. Notre capitale concentre près de 9 millions d’habitants, 22 millions avec ses 59 banlieues dans l’Etat voisin de Mexico.

Notre urbanisation n’a pas de frontière. La pandémie encore moins. Avec six millions de voyages quotidiens en temps normal, le métro est un haut lieu de contagion. Chaque jour, les allées de notre Central de Abasto [centrale d’approvisionnement] – les plus grandes halles d’Amérique latine – sont arpentées par 500 000 personnes, 90 000 y travaillent. La crise est aussi sociale : la moitié de la population travaille dans l’économie informelle. La plupart des morts du Covid-19 étaient atteints de maladies chroniques, comme le diabète ou l’obésité. Heureusement, la capitale dispose du meilleur réseau hospitalier du pays.

Le président Andres Manuel Lopez Obrador, dit « AMLO », est du même parti de gauche que vous. Il a opté, fin mars, pour un confinement volontaire. Pourquoi ?

AMLO et moi croyons en la conscience des habitants pour prendre eux-mêmes les mesures de distanciation physique nécessaires. De toute façon, il était impossible d’imposer un confinement obligatoire. Nos policiers sont occupés par l’insécurité qui n’a pas cessé malgré l’urgence sanitaire. Ici, de 40 % à 50 % des gens vivent, au jour le jour, de l’économie informelle. Impossible de les plonger brutalement dans la misère.

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