Economie

« Ce n’est pas le fait d’être riche qui pose problème dans notre société, mais le fait d’être “trop riche” »

Tribune. Dans son récent « Rapport sur les riches en France », l’Observatoire des inégalités propose de situer le seuil de richesse au double du niveau de vie médian (la moitié des personnes a un niveau de vie supérieur, l’autre moitié un niveau de vie inférieur). Ce seuil correspond alors pour une personne seule à un revenu disponible (après transferts) de 3 470 euros par mois. Les « riches » représenteraient alors 8,2 % de la population.

Cette approche reprend par analogie celle qui consiste à fixer arbitrairement un seuil de pauvreté comme un certain pourcentage (60 %, 50 %) du niveau de vie médian. Elle souffre des mêmes limites, notamment parce que le seuil ainsi défini est un seuil statistique purement conventionnel.

« Lorsqu’une personne seule possède tout »

Pourquoi retenir deux fois le revenu médian et non pas trois ou cinq, comme l’ont proposé certains chercheurs ? C’est le point de vue subjectif de chacun. L’indicateur ainsi construit ne dit rien de la réalité sociale ou sociopolitique que l’on cherche à mettre en lumière quand on parle des « riches ».

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De son côté, le mouvement Occupy Wall Street, aux Etats-Unis, a popularisé l’idée d’une opposition au sein de la société entre les 99 % de la masse des citoyens et le 1 % des plus riches. Le seuil est tout aussi conventionnel : pourquoi 1 %, et pas 2 % ou 5 % ? Mais il traduit un sentiment bien réel au sein d’une opinion publique de plus en plus critique face au fonctionnement d’une société où la concentration excessive des richesses et des pouvoirs a des conséquences désastreuses pour des couches de plus en plus larges de la population. C’est bien cet excès et ses conséquences sociales qui permettent de légitimer la définition d’un seuil de richesse.

En d’autres termes, ce n’est pas le fait d’être riche qui pose problème dans notre société, mais le fait d’être « trop riche ». Comme l’observait dans un de ses rapports la Banque mondiale, « le comble de l’inégalité est atteint lorsqu’une personne seule possède tout, et naturellement, dans ce cas, la pauvreté est élevée. » Il est donc nécessaire de fixer une limite à l’inégalité pour permettre d’assurer à l’ensemble de la population un minimum de bien-être social et de sécurité.

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L’inégalité n’est légitime et ne peut être socialement et politiquement acceptable que dans la mesure où elle préserve une égalité minimum, entendue comme la capacité pour toute personne de vivre dignement et d’être réellement partie prenante de la société.

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