Economie

« La tomate défend ses couleurs »

En 2019, les maraîchers français ont cueilli 520 000 tonnes de tomates.

Souvenez-vous, nous étions fin février, et la foule se pressait dans les allées du Salon de l’agriculture, porte de Versailles à Paris. Si un virus préoccupait au plus haut point les visiteurs, c’était celui de la tomate. Découvert dans deux exploitations bretonnes, allait-il se diffuser plus largement ? Très contagieux disait-on, et sans antidote. Mais soudain, le 29 février, les portes du salon se fermaient précipitamment. La vague du coronavirus déferlait sur la France.

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Les plants contaminés détruits, les serres désinfectées, le virus de la tomate s’en est allé de la scène médiatique. Hélas, rien de tel pour la pandémie. Et les Français se sont retrouvés confinés. Les producteurs d’asperges, de fraises et de tomates ont sonné l’alarme. Bousculés par la fermeture des marchés et des restaurants, allaient-ils jeter leur production aux orties ? La grande distribution a décidé de privilégier les fruits et légumes made in France, même si le prix s’en est parfois ressenti pour le consommateur.

Crise des fruits cocktail

« Pendant la première partie du confinement, on n’avait pas encore de grands volumes, le marché a été euphorique avec des prix supérieurs de 15 % à 35 % à la moyenne », affirme Laurent Bergé, président de l’AOPn Tomates et concombres de France. Le ministère de l’agriculture estime, lui, l’augmentation à 50 % en avril. La tomate défend ses couleurs…

Mais ce marché est très fluctuant. Les fruits importés d’Espagne, du Maroc ou de Belgique ont repris leur place en rayon, les volumes ont progressé grâce aux saisonniers étrangers venus prêter main-forte dans les serres, et les prix ont glissé. Au point même de décrocher comme pour les petits fruits cocktail en crise dans le courant du mois de mai. En juin, c’est la météo qui joue les trouble-fêtes. Avec la baisse du mercure, les Français boudent les denrées estivales.

« La production des potagers est estimée à 400 000 tonnes, soit quasi comparable à celle des agriculteurs français », Laurent Bergé, président de l’AOPn Tomates et concombres de France

Dans cette loterie, les exploitants tentent de miser sur le fruit le plus juteux. Cette année, les producteurs de variétés anciennes ont tiré le gros lot. Mais ne les appelez pas cœur de bœuf. Non pas parce que la loi interdit désormais d’employer les termes désignant les protéines animales pour décrire leurs alternatives végétales. Une règle qui oblige steak ou saucisse végane à aller se rhabiller de mots. La raison est plus terre à terre. Dans les serres où elles poussent hors sol, les tomates sont des hybrides élaborés par les semenciers et ne peuvent donc accaparer le nom de variétés dont elles n’ont que l’apparence.

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