Economie

« Plus on attend, plus il sera cher d’intervenir »

Et si l’Europe était en train de prouver qu’elle est capable de réagir et d’être protectrice face aux crises ? C’est la thèse défendue par Fabio Panetta, un des six membres du directoire de la Banque centrale européenne, qui a pris ses fonctions le 1er janvier. Dans un entretien au Monde, l’Italien reconnaît que les autorités européennes n’ont pas été à la hauteur pendant la crise de la zone euro, mais estime que les choses sont en train de changer.

Au niveau de la BCE, l’intervention a été beaucoup plus rapide et décisive qu’il y a une décennie, avec une enveloppe de plus de 1 350 milliards d’euros d’achat de dettes. M. Panetta laisse clairement entendre qu’il est favorable à en faire plus et que la politique monétaire restera « accommodante » pendant une « période prolongée ».

Au niveau des institutions européennes, les choses avancent également, même s’il estime qu’il est « extrêmement urgent » que le fonds de relance de 750 milliards d’euros, proposé par la Commission européenne et discuté au sommet européen de vendredi 19 juin, soit approuvé.

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En mars, la BCE a lancé le PEPP, un plan de rachat de dettes de 750 milliards d’euros. Le 4 juin, elle a rajouté 600 milliards d’euros. A la vitesse actuelle, tout sera dépensé en février 2021. Est-ce que cette politique fonctionne ?

Je crois que oui. Mais nous luttons contre de sérieux vents contraires. Nous devons donc prendre des mesures fortes pour éviter que les conditions de crédit ne se tendent, pour stabiliser l’économie et donc pour réagir face à l’inflation qui s’éloigne encore plus de notre objectif (de 2 %). C’est pour ça qu’on a pris la décision d’augmenter l’enveloppe de 600 milliards d’euros supplémentaires. Nous devons être pragmatiques et nous tenir prêts à ajuster notre politique pour respecter notre mandat, en fonction de nos prévisions de moyen terme.

Il demeure beaucoup d’incertitudes. On ne sait pas quand et comment le virus sera contenu, si le confinement sera encore en vigueur ou remis en place, quel sera l’impact des mesures économiques… Il n’aurait pas été sage de déployer plus encore notre arsenal, le « Full Monty », sans y voir plus clair.

A quoi ressemblerait le « Full Monty », justement ? Serait-il possible d’annuler les dettes des Etats possédées par la BCE, par exemple ?

Le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne est clair : l’article 123 interdit le financement monétaire. Si nous achetons des obligations souveraines et décidons de ne pas demander leur remboursement, ce serait du financement monétaire. Ce n’est pas autorisé.

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