Economie

L’Allemagne veut devenir le pays de l’hydrogène

Air Liquide teste à Duisbourg (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) un système d’alimentation basé sur l’hydrogène de hauts fourneaux d’une aciérie, en novembre 2019.

C’est un nouveau chapitre dans l’histoire mouvementée de l’énergie allemande. Après avoir dit adieu au nucléaire, avoir acté la fin du charbon, et avoir développé comme aucune autre grande économie les énergies renouvelables, l’Allemagne se lance à présent dans l’hydrogène. A la faveur de l’effort budgétaire post-coronavirus, Berlin a décidé d’investir 9 des 130 milliards d’euros du plan de relance dans le développement de cette technologie, ont annoncé les ministres de l’économie, de la recherche et des transports, mercredi 10 juin. L’objectif est de faire du pays le numéro un mondial de l’hydrogène d’ici une décennie. Par comparaison, en 2018, la France a lancé un plan hydrogène doté… de 100 millions d’euros.

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L’hydrogène est discuté depuis longtemps en Allemagne. Sur le papier, c’est la promesse d’une énergie neutre en carbone, renouvelable et stockable, susceptible d’être produite outre-Rhin. Un carburant à la fois pour l’industrie et les transports, le chaînon manquant de l’actuelle transition énergétique vers le tout-renouvelable. Dans les faits, c’est une énergie coûteuse à produire. Depuis une décennie, les Allemands ont mené une série de projets sur le sujet, y compris au sein de l’industrie automobile, et revendiquent une avance technologique.

Réconcilier industrie et climat

Parce qu’il nécessite des innovations de pointe, justifiées par des impératifs environnementaux, les industriels allemands voient dans l’hydrogène une technologie capable de réconcilier industrie et climat, en offrant des perspectives d’exportation. Rien d’étonnant, donc, à ce que l’ensemble des acteurs de l’économie aient accueilli très favorablement, depuis mercredi, le plan présenté. « L’objectif de la neutralité climatique d’ici à 2050 ne pourra être atteint qu’avec un hydrogène obtenu à des prix compétitifs, grâce à une production nationale et via les importations », a déclaré Holger Lösch, le vice-président de la fédération des industries allemandes.

L’hydrogène est une énergie dite « secondaire », c’est-à-dire qu’elle nécessite un coûteux processus de fabrication. La méthode la plus verte est l’électrolyse : grâce à un courant électrique passé entre deux électrodes dans une cuve d’eau, on décompose les molécules d’eau pour produire de l’hydrogène d’un côté, de l’oxygène de l’autre. Si ce courant est d’origine renouvelable, il va produire un hydrogène « vert ». C’est ce gaz que Berlin ambitionne de produire en grande quantité, par opposition à l’hydrogène « gris » produit à partir de gaz ou de méthane, qui émet beaucoup de CO2. Le plan présenté envisage de doter l’Allemagne d’une capacité de fabrication d’hydrogène vert de 5 gigawatts (GW) d’ici à 2030, et de 10 GW d’ici à 2040. Un « marché domestique » doit être constitué d’ici à 2023, qui devra servir de base crédible à des coopérations ultérieures à l’étranger.

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