Technologie

la toile numérique de Netgear transforme votre salon… avec art

Il y a parfois des produits qui sortent… du cadre, tant ils sont atypiques. C’est le cas du Meural Canvas II, qu’on doit à Netgear, qui nous a plus habitués aux routeurs bardés d’antennes qu’à ce genre de produits. On pourrait un peu hâtivement faire entrer à la massette le Meural Canvas II dans la case cadre photo numérique géant. Mais ce serait une erreur. D’une part, parce que les cadres photo numériques ont rarement été de bonne qualité, d’autre part, parce qu’ils avaient rarement un intérêt même s’ils cherchaient assez vainement à justifier leur existence. Pour son Meural, Netgear préfère parler de « toile d’art numérique ». Tout un programme.

Une dalle pour l’amour de l’art

Le Meural Canvas II a fait le choix du superflu, de l’inutilité essentielle, de l’Art. Rien de moins.

Il se décline en deux modèles, de 21,5 ou 27 pouces – nous avons essayé le modèle le plus grand. Ces dimensions sont celles de la dalle Full HD mate de très bonne facture (LCD AHVA – donc censée offrir un peu moins de couleurs qu’une dalle IPS classique mais assurer un meilleur contraste, entre autres).
Elle peut adapter sa luminosité en fonction de l’environnement, grâce à un capteur, et se débrouille très bien pour rester lisible même quand des reflets solaires ou d’éclairage se multiplient. Même chose avec l’angle de vision qui est étonnamment large et permet de profiter de l’œuvre affichée depuis de nombreux points d’observation.

Mieux encore, la dalle réussit de manière assez impressionnante à rendre avec un certain réalisme les coups de pinceaux, les aspérités d’une peinture ou plus simplement le grain fin d’une photo en noir et blanc. Netgear met en avant la somme de technologies brevetées sous l’appellation TrueArt, force est de constater que le résultat est vraiment bon. Précisons que nous ne faisons pas partie des puristes qui pourraient ergoter sur son format 16:9e, qui n’est historiquement pas celui des tableaux et photographies. Bref, cette dalle qui n’est pas donc pas 4K ne démérite pas, et – sans ajouter trop à la facture totale – sert de vitrine à vos œuvres d’art préférées.

Car, c’est bien là l’objectif premier – et presque unique du Meural – afficher pour votre plaisir des tableaux, photographies ou œuvres interactives que vous aurez téléchargés via l’application Meural ou copiés sur une carte SD que vous aurez ensuite glissée dans le lecteur intégré.

Soigné et bien fini

Evidemment, une œuvre d’art se doit d’avoir un cadre digne de ce nom. Parlons donc rapidement des « extérieurs ». Le Meural Canvas II comprend un bloc central, qui contient la dalle en façade et à l’arrière un bloc en plastique blanc moulé. On trouve les fixations pour l’accrocher au mur. Vous pourrez en option (pour 50 euros) acheter un support pivotant qui vous permettra de basculer votre cadre horizontalement ou verticalement. Le Meural intègre des capteurs qui détectent automatiquement son orientation. Nous avons toutefois rencontré quelques ratés lors de notre cohabitation. Heureusement, il est possible de faire en sorte que cette toile connectée n’affiche que les œuvres dans le format.

C’est aussi à l’arrière que se situe le branchement électrique. Le Meural n’embarque pas de batterie, il n’y a donc pas de miracle, s’il n’est pas branché au secteur, il sera éteint… C’est à l’arrière également que vous pourrez connecter votre Meural en Ethernet – même si nous vous recommandons vivement d’utiliser le Wi-Fi. Ne serait-ce que pour éviter d’avoir deux câbles à cacher.

Autour de ce bloc central, vous aurez le choix entre quatre types de cadres : noir, blanc, bois sombre, et bois clair. Nous avons eu entre les mains la finition en bois clair qui offre une belle touche finale à l’ensemble et s’intègre discrètement à tout type d’intérieur. Même la petite trappe qui donne accès au lecteur de carte SD et au port microUSB paraît solide et ne choque pas esthétiquement parlant. Le bouton d’alimentation non plus d’ailleurs. Pour ceux qui ont en tête de poser leur Meural sur un meuble, attention toutefois que l’interrupteur ne s’active pas malgré vous au contact de son support. Un bouton légèrement en dévers aurait été une bonne idée.

L’art pour l’art… une offre riche et variée

Passons à la pièce de résistance, le contenu, évidemment. Outre vos clichés personnels que vous pourrez exposer aux yeux de tous, l’intérêt principal de Meural est de donner accès à une bibliothèque de contenus artistiques classiques ou modernes.

Environ 100 œuvres sont accessibles d’emblée. Mais pour donner tout son sens au Meural, il faut souscrire à l’abonnement pensé pour lui. Facturé 9,99 euros par mois, ou 79 euros à l’année, il donne accès à une bibliothèque sans cesse enrichie de plus de 30 000 références.

On (re)découvre ainsi les collections de grands musées, les Offices, de Florence, ou encore la National Portrait Gallery, de Londres, et de grands classiques, de Vermeer, de Goya, de Hopper, de Kandinsky ou encore de Klimt, mais aussi des œuvres bien plus contemporaines. Des créations de Banksy, par exemple, et même des tableaux interactifs, où l’œuvre est animée, l’art contemporain s’étant emparé de la vidéo depuis bien longtemps. C’est en tout cas l’occasion de se rendre compte que, sans être un téléviseur, le Meural Canvas II peut jouer des vidéos (sans le son) ou des GIF animés. 

L’offre d’œuvres est d’autant plus intéressante qu’elle s’accompagne d’une mise en avant éditorialisée d’un artiste ou d’un genre en fonction d’un thème d’actualité, par exemple. Pour l’instant, le rythme est hebdomadaire et semble mondial. On croise les doigts et espère que Netgear pourra passer des partenariats avec certaines grandes expositions. Ce serait un moyen de prolonger la magie de certaines rencontres artistiques ou d’apaiser la frustration de ne pas avoir pu voir des artistes trop courus. Pour l’instant, l’offre n’est évidemment pas exhaustive, on trouve rapidement quelques grands absents. Picasso n’est pas là, par exemple. Mais l’art ne se résume pas à ses super stars, qui sont déjà largement représentées et présentes. C’est surtout du côté de la photo que l’absence des grands noms se fait sentir. L’offre photo est bien plus « maigre » bien qu’intéressante. Mais elle ne vous permettra pas de faire l’éducation de vos enfants ou même la vôtre.

Enfin, autre remarque, en guise de transition, si on apprécie vraiment de pouvoir consulter facilement quelques informations sur le tableau, au-delà de son nom et de sa date de création, on aimerait parfois que le contenu d’accompagnement soit plus riche, mieux mis en perspective et que l’aspect pédagogique qui sous-tend la démarche esthétique soit plus poussé.

Interface, ergonomie et interaction, encore quelques progrès à faire…

Pour accéder à ces détails d’une œuvre, il faut solliciter la reconnaissance gestuelle du Meural Canvas II. Une fausse bonne idée à notre avis. Si la toile numérique est facilement accessible (pas placé au-dessus d’un meuble, par exemple), et si l’utilisateur se place bien et prend le temps, la fonction de détection du mouvement de la main fonctionnera… de temps à autre. En règle générale, elle s’avère frustrante et lente, mal adaptée. C’est d’autant plus dommage que c’est le moyen d’interaction commun, au sens où il est accessible à tous.

Pour le reste, il faudra passer par l’application Meural (ou le site https://my.meural.netgear.com/), qu’on installera généralement sur un smartphone Android ou iOS, qui suit donc son utilisateur. Pour éviter le problème, il est toujours possible de l’installer sur une tablette qui sera accessible à toute la famille, quand c’est possible, évidemment, en espérant que vos enfants soient suffisamment responsables pour ne pas dévaliser le magasin en ligne.

Sans être un modèle d’ergonomie, l’application est assez facile à prendre en main. C’est de là que vous pourrez découvrir les nouveautés, parcourir les chaînes d’artistes ou de fournisseurs d’images, créer vos listes de lecture ou transférer vers le Meural les tableaux et clichés souhaités d’une simple tape sur l’écran. Le chargement est alors quasi instantané. L’enfance de l’art !
C’est de là également que vous pourrez acheter de nouvelles œuvres, au format numérique bien sûr. Les prix varient bien entendu de quelques euros à quelques dizaines d’euros, selon que l’artiste est connu ou que vous achetez une œuvre seule ou une série. Bien sûr, il n’y a pas le plaisir de mettre la main sur une photo numérotée, mais le plaisir des yeux est là, réel.

Pour ceux qui veulent économiser la planète et leur facture électrique (le Meural Canvas consomme 20 W quand il est allumé, donc environ 0,5 kWh sur 24 heures), saluons la possibilité de programmer l’activation du Meural en fonction d’heures et de jours précis. Il est même possible de planifier la diffusion d’œuvres en particulier à un moment donné de la journée, où comment rentrer à la maison sous le ciel halluciné d’un Van Gogh…
 

On regrette une certaine raideur et quelques manques (ou alors la bonne manipulation nous a échappé, ce qui prouve d’une manière que l’ergonomie pourrait être améliorée). Ainsi, on ne peut créer une nouvelle liste de lecture depuis une œuvre qu’on apprécie. De même il ne nous a pas semblé possible d’ajouter l’ensemble d’une collection dans une liste. Enfin, la navigation dans les œuvres et les rebonds qu’on ne manque pas de réaliser d’un artiste à un autre, au fil des découvertes, constituent en définitive un long tunnel qu’il faut remonter jusqu’à la source si on veut revenir à la « racine » de l’interface. Un peu frustrant, parfois. On perd même un peu le fil de ses explorations à cause de cela.

On peut espérer qu’une prochaine génération de l’application ou du Meural améliorera ces points ergonomiques.
De même, on regrette qu’à l’heure des assistants connectés omniprésents, y compris dans les routeurs Orbi de Netgear, on n’ait pas droit à un pilotage du cadre à la voix, au moins pour les recherches ou l’affichage d’une liste d’œuvres particulièrement appréciées. C’est d’autant plus dommage qu’il semble qu’Alexa puisse le faire… en anglais. Mais tout ceci n’est que du logiciel, le futur est donc plein d’espoir.

Une sorte de verdict philosophique…

Vendu 650 euros en 21,5 pouces ou 850 euros en 27 pouces, le Meural Canvas II est cher. Le Meural Canvas II n’est pas aussi utile qu’un routeur performant. En définitive, le Meural Canvas II a cela de commun avec l’Art qu’il met en avant qu’il est inutile, et donc essentiel.  
Cela rappellera à certains des dissertations philosophiques, mais réjouissez-vous, cette fois-ci vous avez bien plus de quatre heures pour venir à bout du sujet.
Pour ceux qui veulent à tout crin plus que le beau, pour ceux qui veulent toujours mêler l’utile à l’agréable, croisons les doigts et espérons que le prochain Meural Canvas sera toujours une toile numérique aussi impressionnante et qu’elle ajoutera à sa palette de talents, les atouts d’un routeur Wi-Fi. A part si son prix est vraiment trop élevé, comment dire non à un routeur maillé qui afficherait les plus belles œuvres du monde ?
En attendant, il faudra se contenter de ce produit assez incroyable, bien qu’imparfait. Il offre une étrange lucarne sur l’Art et baigne notre quotidien de la réjouissance et de l’enthousiasme que seul le génie créatif humain sait procurer. Le Meural Canvas II est véritablement un produit d’exception.

Pour :
La dalle de bonne qualité et lisible, même en pleine lumière
La richesse de la bibliothèque d’œuvres accessibles
La possibilité d’ajouter des photos de différentes sources

Contre :
La gestuelle pour le contrôle
L’absence d’intégration avec des assistants vocaux
Le prix




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