Economie

Comment retirer la perfusion de l’argent public post-Covid sans trop de douleur ? La réponse de trois économistes

Au siège du fabriquant de chaussures JB Martin, à Fougères (Ille-et-Vilaine), le 5 juin.

« L’automne sera terrible. » Depuis quelques semaines, le même cri d’alarme résonne du côté des PME, des syndicats et des associations : passé l’été, lorsque les différentes aides publiques déployées durant le confinement pour protéger l’économie s’estomperont, la crise pourrait s’aggraver subitement. Avec, dans le pire des cas, une explosion du chômage et des faillites.

Dans l’espoir d’éviter un tel scénario, trois économistes français – Thomas Philippon, de l’université de New York, Olivier Blanchard et Jean Pisani-Ferry, du Peterson Institute, un think tank américain – ont publié une série de préconisations, lundi 8 juin. Avec, pour fil rouge, une question-clé : comment retirer la perfusion de l’argent public soutenant l’emploi et les entreprises sans trop de douleur ?

Leur réponse sera d’autant plus auscultée par le gouvernement que tous les trois font également partie de la commission d’experts nommée, fin mai, par l’Elysée, pour préparer l’après-Covid. « Pendant le confinement, les Etats européens ont pris des mesures très proches, avec le chômage partiel et les garanties publiques de prêts aux entreprises », explique Jean Pisani-Ferry, qui a été l’un des inspirateurs du programme économique d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017. Ces instruments se sont révélés efficaces, notamment pour limiter l’envolée du chômage. « Mais, désormais, il est temps de les adapter et de les compléter pour accompagner le redémarrage. »

« Une vague de difficultés financières pour les TPE-PME »

Les trois économistes proposent ainsi de remplacer peu à peu le chômage partiel par des subventions aux salaires, dans les secteurs les plus touchés par la crise liée au Covid-19 : tourisme, hôtellerie-restauration, transport aérien… Celles-ci seraient temporaires et calibrées différemment selon les mesures sanitaires exigées pour les entreprises – à l’exemple de la distanciation physique, très pénalisante pour les restaurants. « Cette option nous semble plus efficace que le durcissement du chômage partiel pour inciter le retour à l’emploi, tout en limitant les licenciements », expliquent-ils.

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Selon le périmètre choisi, les secteurs concernés pèseraient entre 4 et 9 points du produit intérieur brut (PIB). Pour l’Etat, le coût d’une telle subvention à hauteur de 30 % du salaire coûterait, en montant brut, 0,8 % à 1,9 % du PIB. En net, la facture serait néanmoins plus limitée, puisque l’Etat verserait moins d’allocations-chômage et toucherait des cotisations sociales sur les emplois ainsi créés.

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