Economie

Le coronavirus accélère la fin du paiement cash

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Publié aujourd’hui à 18h00

Dans la boulangerie Bo&Mie, à deux pas de la porte Saint-Martin, à Paris, une affichette demande aux clients de « privilégier s’il vous plaît la carte, et notamment le sans-contact », pour plus de rapidité lors du paiement « et par mesure d’hygiène sanitaire ». Depuis que l’épidémie de coronavirus s’est répandue en France, de tels écriteaux pour déconseiller l’usage des espèces fleurissent devant les caisses des petits commerces et des supérettes. « C’est à prendre en photo, c’est un moment d’histoire », commente Gilles Grapinet, PDG de Worldline, premier groupe de services de paiement en Europe.

Infographie Le Monde

Pour la première fois, au plus fort d’une crise, les Français ne se sont pas rués vers les guichets de leur banque pour retirer des billets et les conserver sous le matelas. Bien au contraire, les retraits de cash aux distributeurs automatiques se sont effondrés. « Entre le début et la fin de la période de confinement, les retraits de billets ont chuté de 50 % en volume, et de 40 % en valeur, du jamais-vu au cours des quinze dernières années », témoigne Erick Lacourrège, directeur général des services à l’économie et du réseau à la Banque de France. Depuis la réouverture des commerces de proximité, le nombre de retraits aux automates bancaires reste encore en retrait de 10 % en valeur et 20 % en volume par rapport à l’an dernier.

Lire aussi La fin du paiement cash : « Les crises renforcent les tendances déjà en cours »

« La pandémie de Covid-19 a suscité des inquiétudes sans précédent de la part du public concernant la transmission du virus par le cash », explique la Banque des règlements internationaux (BRI), la banque des banques centrales, dans une étude publiée en avril. Elle précise que le nombre de recherches sur Internet concernant à la fois les mots « billets » et « virus » a atteint des « niveaux records », en particulier en France. Pour rassurer les populations et augmenter la confiance dans les espèces, certaines banques centrales, celle de Corée du Sud, celle de Hongrie et celle du Koweït notamment, ont activement communiqué sur la stérilisation ou la mise en quarantaine des billets de banque. Pas en France. « Les billets sont, par leur fréquence d’utilisation, les produits les plus échangés par les hommes. Mais ils n’offrent pas un environnement favorable à la survie du Covid, justifie Erick Lacourrège. A la Banque de France, nous avons regardé de près, avec plusieurs laboratoires, le risque de survie des bactéries et des virus sur un billet. Cette durée est plus faible que sur d’autres supports, comme le plastique ou les surfaces métalliques. La charge virale s’affaiblit fortement au-delà de trois heures. »

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