Economie

Qui est Luc Lallemand, le Monsieur Productivité chargé de moderniser les voies ferrées françaises ?

Luc Lallemand a été désigné PDG de SNCF Réseau en janvier 2020.
Luc Lallemand a été désigné PDG de SNCF Réseau en janvier 2020. AURORE BARON / SNCF

La complexité, ça le connaît… « Je suis ce qu’on appelle en Belgique un pur produit croisé belgo-belge, dit-il, éduqué en français dans une famille à 90 % flamande. » Ajoutez à cela une capacité à durer dans le chaotique système politique belge, et vous aurez un premier aperçu des points forts du nouveau patron de SNCF Réseau, Luc Lallemand.

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C’est qu’il va en falloir, des aptitudes à la résolution d’équations complexes à ce Belge de bientôt 54 ans, désigné PDG de SNCF Réseau en janvier dernier par Jean-Pierre Farandou, le patron de la SNCF ! M. Lallemand, qui est désormais le maître des 33 900 kilomètres de lignes françaises, devait faire sa première intervention publique mercredi 3 juin au Sénat. L’occasion pour lui de lever un coin du voile sur sa politique pour le réseau, alors que la crise du Covid-19 a fragilisé encore un peu plus un système ferroviaire français déjà précaire avant le choc sanitaire.

Mettre un terme aux dérives financières

Le cabinet de chasseurs de têtes mandaté par l’Etat est allé chercher du côté de Bruxelles un stakhanoviste du rail, qui, pendant quinze ans à la tête d’Infrabel, le gestionnaire belge de l’infrastructure ferroviaire, a fait passer dans la modernité le réseau ferré d’outre-Quiévrain. « C’est une perte pour la Belgique, regrette François Bellot, ministre fédéral de la mobilité. A la tête d’Infrabel, il a vu passer sept ministres et transformé une compagnie vieillotte façon années 1960 en une entreprise digitale, tournée presque à l’extrême vers l’innovation. Et moins endettée. »

L’énumération a de quoi satisfaire Bercy, qui a repris cette année 25 milliards de dettes à SNCF Réseau et entend mettre un terme aux dérives financières. « J’ai été convaincu, confirme Martin Vial, commissaire aux participations de l’Etat. Maintenant à lui de mettre en application sa feuille de route : 1. moderniser l’outil industrie, 2. mener la réflexion sur le dimensionnement du réseau, 3. relever le défi social et humain. » Autrement dit, voici une série d’occasions de se fâcher d’abord avec les élus et autorités régionales sur le sujet des petites lignes déficitaires (faut-il les fermer ?), ensuite avec les cheminots sur les effets d’une politique accrue de rentabilité.

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Il faut dire que Luc Lallemand pourrait être surnommé « Mr Productiviteit », en flamand dans le texte. Sous sa houlette, le réseau ferré belge a réalisé 20 % de gains de productivité entre 2014 et 2019. Le patron a numérisé tous azimuts, rendu le réseau plus robuste, supprimé des emplois aussi. Il a ainsi fait passer le nombre de cabines de contrôle des aiguillages de 365 à… 9 pour tout le royaume. « Il y a un effet Ben Smith [le directeur général d’Air France KLM] avec Luc Lallemand, ajoute M. Farandou. Ce qu’on attend de lui, c’est un management, une méthode, pour accélérer la rénovation du réseau. »

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