Economie

« Comment accroître la robustesse de l’économie réelle à encaisser des chocs systémiques ? »

Tribune. La crise économique causée par la pandémie de Covid-19 a jusqu’ici été caractérisée à juste titre comme une crise de l’économie réelle, et ainsi volontiers opposée à celle de 2008, qui a trouvé ses racines dans la sphère financière.

Cette opposition masque toutefois une triple analogie entre ces deux crises : tout d’abord dans l’existence d’un élément déclencheur dont nombre d’experts ont minimisé l’importance, puis dans le rôle de facteurs amplificateurs analogues, et enfin dans l’esprit des nécessaires corrections à apporter au système économique mondial.

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Comme en 2008, la crise due au Covid-19 est partie d’un événement en apparence anodin à l’échelle planétaire. L’encours des prêts subprimes à taux variables représentait moins d’un douzième du marché hypothécaire américain en 2008, presque une goutte d’eau dans le marché mondial du crédit. Que dire de la surface occupée par le marché aux fruits de mer de la ville de Wuhan, où semble avoir initialement circulé le virus en fin d’année 2019 ?

Des entreprises déjà fragilisées avant la crise liée au Covid-19

Comme en 2008, de nombreux experts ont initialement minimisé les risques et mal évalué la menace. Aux économistes arguant, en 2007-2008, que le krach n’aurait pas lieu ou serait de courte durée, ont succédé en ce début d’année 2020 les infectiologues, qui ont sous-estimé le danger du virus, affirmant par exemple que le risque de transmission hors de Chine était modéré, voire faible.

Mais pour qu’une étincelle se transforme en un gigantesque incendie, encore faut-il se trouver sur un terrain inflammable et entouré de vents favorisant la propagation des flammes. Ainsi, nous savons maintenant qu’au-delà du problème des subprimes la crise de 2008 a fait rage avec une telle intensité du fait de l’excessif endettement des principales institutions financières mondiales, de la dépendance de leurs modèles d’affaires aux financements de court terme et de l’opacité de leurs engagements hors bilan à la suite du développement incontrôlé de certains produits dérivés.

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Même s’il est encore tôt pour tirer des conclusions définitives sur la crise causée par le Covid-19, quelques éléments peuvent déjà être avancés sur le plan économique. La crise a montré que beaucoup d’entreprises matures ne disposaient pas de réserves de trésorerie ni de fonds propres suffisants pour faire face à une réduction soudaine d’activité pendant plusieurs semaines, et ce, même avec l’aide des programmes de chômage partiel et de reports de charges.

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